Dujardin : « Rencontrer Belmondo, un des plus grands cadeaux de ma vie »

NICOLAS CROUSSE

mardi 19 juin 2012, 22:25

Jean Dujardin s'est dit « très très ému » d'être aux côtés de Belmondo pour ses quarante ans. « Jean-Paul avait fêté ses 40 ans pendant le tournage du Magnifique, un rôle que j'imitais quand j'avais quatorze ans. Et je fête les miens avec lui, ici ! » L'interview

Dujardin : « Rencontrer Belmondo, un des plus grands cadeaux de ma vie »

Jean Dujardin et Jean-Paul Belmondo à Bozar, © Alain Dewez - Le Soir

Ce mardi sur le coup de 21 heures, nous avons retrouvé un Jean Dujardin particulièrement heureux et ému, dans les coulisses du Palais des Beaux-Arts, alors que Belmondo venait de sortir de scène.

Bon anniversaire, Jean ! Quel symbole aujourd'hui : vous fêtez vos 40 ans en fêtant Belmondo, ici à Bruxelles.

Oui, vous ne croyez pas si bien dire. Jean-Paul avait fêté ses 40 ans à lui à Acapulco pendant le tournage du Magnifique, un rôle que j'imitais quand j'avais quatorze ans. Et je fête les miens avec lui, ici !

Ca vous fait quoi, d'être là aux côtés de Jean-Paul Belmondo, ce soir ?

J'ai été très très ému. Ému aussi de le voir si ému. Parce qu'on connaît Jean-Paul, avec toute sa pudeur. Et qu'il n'aime pas tellement ça, les hommages. Et ici, il ne l'a vraiment pas regretté. Qu'est-ce qu'il était ému ! C'est très rare. Et c'est peut-être aussi lié au public belge, qui est très démonstratif. J'avais presque envie de me faire tout petit, parce que c'est la soirée de Jean-Paul. Je suis évidemment très heureux de faire partie du cercle ce soir, parce qu'on s'apprécie. Parce que je sais qu'il me suit. Parce qu'on se voit un peu sur Paris.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

C'est Antoine Duléry qui nous a présentés, il y a huit ans. Il m'avait dit un jour : viens, j'ai un cadeau à la maison… et il y avait Jean – Paul ! Et ça a été un des plus grands cadeaux de ma vie. J'ai rencontré à peu près tous les grands acteurs américains, et je n'ai pas eu du tout la même émotion. Avec Jean-Paul, il y a un rapport à l'enfance, direct.

Il s'était passé quoi, il y a huit ans ?

Je me souviens de tout. De son sourire. De ses vêtements – il était habillé en vert. Il a mangé à ma gauche. Je lui ai rejoué Le Magnifique. Il a souri. Il était très bienveillant. Poli.

On dit souvent de vous que vous êtes l'héritier de Belmondo. Qu'en pensez-vous ?

C'est Jean-Paul lui-même qui m'a dit une fois : si jamais tu m'imitais, tu ne serais pas là, et on ne mangerait pas ensemble. Mais ce qui nous rapproche sans doute, et qui fait qu'il y a une filiation, c'est qu'on prend du plaisir sur le plateau et je crois que c'est ça qui se voit à l'image.

Belmondo, aux Etats-Unis, on en parle ?

Mais vous ne pouvez pas avoir ! Un soir, au Saturday Night Life, à New York, je devais danser et sur le décor où je danse, ils avaient fait un décor à la française… et il y avait une seule affiche, et c'était celle du Corps de mon ennemi, avec Belmondo.