Et le corbeau dit… « Jamais plus ! »

DIDIER STIERS

mercredi 20 juin 2012, 11:17

Dans « The Raven », John Cusack incarne Edgar Allan Poe. Mais Poe, vous connaissez vraiment ? McTeigue et Cusak vous démontrent que non… Rencontre avec John Cusack

Et le corbeau dit… « Jamais plus ! »

John Cusack, que ne saviez-vous déjà d’Edgar Allan Poe et de son univers ?

Je ne suis pas devenu obsédé par Poe, mais j’ai beaucoup lu à son propos. C’est fascinant. Son œuvre est en elle-même conséquente, mais le personnage est aussi compliqué, excentrique, déglingué… C’est intéressant, d’essayer de comprendre une telle personne. Pour moi, Poe était devenu une sorte de figure, un peu comme Chaplin, très bidimensionnelle, une icône, voire de marque consciencieusement brandée. C’est oublier à quel point il était profond, intéressé par le subconscient, et à quel point il avait de l’esprit. Par contre, je me souvenais bien de la mélancolie, de l’horreur et du désespoir rattachés au personnage et à son œuvre.

En quoi son écriture vous a-t-elle le plus frappé ?

C’était un maître du cliffhanger, de la situation à suspense, qui écrivait des feuilletons pour des journaux. Il arrivait à allécher un public, puis à lui faire peur. Il assumait totalement le fait de s’adresser à un public populaire, mais il le faisait de manière, dirais-je… pop. N’oublions pas que c’était un maître de la langue anglaise ! Qui, en plus, savait sophistiquer une intrigue en s’aventurant là où d’autres auteurs n’étaient jamais allés.

Est-ce compatible avec les prétentions commerciales du film ?

Bien sûr, le film a des prétentions commerciales. Mais le scénario est en même temps une sorte de déconstruction de l’œuvre de Poe. Je me dis donc que le spectateur peut être amené à en apprendre un peu plus sur l’auteur… de manière poétique. Comme vous le savez, l’un de ses thèmes de prédilection était la différence entre la réalité et la fiction, le rêve. « The raven » est l’occasion de jouer avec le personnage de l’écrivain.