Ce nouveau Spider-Man tient le bon fil

DIDIER STIERS

mercredi 04 juillet 2012, 10:47

A nouvelle histoire, nouveaux acteurs. Avec Andrew Garfield dans le rôle de cet « amazing Spider-Man ». Rencontre.

Ce nouveau Spider-Man tient le bon fil

DR

Il n’a pas le physique caractéristique et banal du jeune premier, Andrew Garfield. C’est ce qu’on s’était dit en découvrant Shia LaBeouf. Mais alors qu’on sent que ce dernier va avoir du mal à sortir de la niche dans laquelle le cloîtrent les « Transformers », le nouveau Spider-Man s’est déjà fait remarquer lors de la remise des Oscars britanniques, les Bafta (meilleur acteur en 2008, dans « Boy A ») et parmi les nominés du Golden Globe (pour son rôle dans « The social network »). Ou encore entre Carey Mulligan et Keira Knightley dans un très beau film romantique signé Mark Romanek : « Never let me go », d’après le bouquin de Kazuo Ishiguro.

Où est l’intérêt, me direz-vous, d’avoir une tête qui ne s’oublie pas quand on joue le plus célèbre des personnages masqués de comics US ? Et bien justement : ce nouvel épisode nous fait découvrir l’adolescence du super-héros et sa transformation progressive.

Pour l’acteur, elle a commencé par… le physique ! En 2010, en pleine promo pour le film de Romanek, il nous expliquait avoir commencé à fréquenter la salle de sport plusieurs fois par semaine. « Il faut être fort… plus fort qu’humainement possible. Je n’y arriverai jamais, donc autant commencer maintenant. Si le tournage pouvait débuter dans 60 ans, ça m’arrangerait mieux. »

Notez que se voir confier la garde-robe de l’homme-araignée, c’est aussi bénéficier d’un fameux service. A presque 29 ans, Andrew Garfield éprouve des difficultés à se voir. C’est tout bête : il souffre de ce syndrome qu’ont les gens détestant entendre leur voix. « Et se voir sur un grand écran, ça le multiplie par cent. C’est très énervant, parce qu’en plus, vous voyez toutes les erreurs, tout ce que vous n’êtes pas arrivé à faire. Heureusement, me regarder dans un film n’est pas mon métier. Et puis, trop se regarder n’est pas bon, pour un acteur. Se dire que si on fronce un peu le sourcil, on devient plus séduisant, ou que si on se tourne un peu comme ceci, ça masque le double menton, ça tue la créativité ! »

La célébrité que lui vaudrait d’être à l’affiche d’un blockbuster ? Il n’y pense pas, ou alors à sa manière : il n’a tout simplement pas envie que le public en sache plus sur lui. « Tout ça n’a pas d’importance en fait : je ne suis pas intéressé par moi-même, et je pense que les autres ne devraient pas l’être non plus. »

Né à Los Angeles d’une maman anglaise et venu s’installer tout jeune en Angleterre, le comédien se sent quelque peu intimidé de succéder à Tobey Maguire dans la combi en spandex. « De la même manière que ce serait intimidant de jouer Hamlet après Laurence Olivier, après Jude Law ou d’autres… Mais ça doit aussi être vu comme l’occasion d’emmener le personnage ailleurs. Il faut se l’approprier, le rendre le plus unique possible, sinon à quoi bon ? » De ce point de vue-là, il n’est pas près de se prendre une toile !