Scola : « C'est un danger de mettre Cinecittà au second plan »

STAGIAIRE

vendredi 20 juillet 2012, 11:06

Ettore Scola est à la base du mouvement de soutien de réalisateurs européens aux travailleurs de Cinecittà. A 81 ans, il a réalisé une vingtaine de films (Nous nous sommes tant aimés, Le bal, Une journée particulière…). Nous l'avons joint par téléphone hier après-midi.

Que se passe-t-il à Cinecittà ?

Les ouvriers continuent de faire grève dans les studios. Certains partent, les assemblées générales se poursuivent. En plus il y a eu un incendie d'un studio important cette nuit (NDLR : la nuit de mercredi à jeudi)… Mais ce n'est pas encore la fin de l'histoire.

Quelle est l'importance de ces studios pour le cinéma italien ?

C'est un danger de mettre Cinecittà au second plan. Au-delà des studios, ce serait mettre au second plan une institution qui a une importance culturelle. On ne parle plus autant de cinéma qu'avant, c'est un problème.

Ce serait une perte pour toute l'Italie ?

Pas uniquement pour le pays. Pour l'Europe, pour le monde aussi. Cinecittà est reconnue pour le professionnalisme de ses machinistes et techniciens. Des réalisateurs du monde entier y viennent pour cela.

Y a-t-il un avenir pour Cinecittà ?

Ce n'est certainement pas en fermant les studios et en créant des complexes hôteliers et des piscines de luxe que l'on redressera l'industrie cinématographique. Ce qui est certain, c'est que ce genre de changement n'amènera pas d'amélioration.