Le fils de Charles Berling dans les dignes pas de son père

FABIENNE BRADFER

mardi 14 août 2012, 09:56

Face à Emile, son rejeton dans la vie, Charles Berling est exemplaire en père qui perd pied. « Comme un homme », un film mis en scène et joué avec pudeur.

Le fils de Charles Berling dans les dignes pas de son père

DR

L’histoire repose sur Louis (Emile Berling), 16 ans, fils du proviseur (Charles Berling) de son lycée. Son meilleur ami est sous la menace d’un renvoi définitif après avoir agressé sa jeune prof d’anglais. Pour se venger, il décide de la kidnapper. Louis devient complice en fournissant les clés d’un cabanon de famille isolé dans les marais...

En tant que fils de l’acteur Charles Berling et de la photographe Sophie Hatier, l’objectif vous semblait une chose naturelle ?

Bien sûr, j’ai été bercé avec ça mais je trouve quand même que ce n’est jamais vraiment naturel de se mettre devant un objectif. Je le fais parce que ça me procure du plaisir. J’adore le jeu plus que la caméra. Je ne suis pas trop dans la technique pour l’instant. J’ai été dans un collège aux Etats-Unis pour apprendre la réalisation mais finalement, j’y ai plutôt fait des maths et de l’anglais…

Très jeune, j’ai fait des castings pour de la figuration. Pour moi, c’était un truc ludique que je voulais faire pendant les vacances. Puis j’ai rencontré Christian Faure qui m’a donné le premier rôle de son film « Les hauts murs ». J’avais 18 ans. On tournait le jour, on faisait la fête le soir. C’était génial. Ça m’a donné envie de continuer. Et ce n’est toujours que du plaisir. Ça reste très ludique. La seule chose que je n’aime pas, c’est entre les tournages. Je n’aime pas être en attente.

S’appeler Berling est-ce un plus ou un moins pour se faire une place dans ce métier quand on a 21 ans ?

Tout dépend de la mentalité des gens. Certains privilégient le casting sauvage. Moi, je trouve qu’il ne faut pas s’attarder sur le nom mais sur la personne. Enfant, je n’ai pas énormément fréquenté les tournages de mon père. Je n’ai vraiment pas grandi dans ce milieu mais j’ai entendu les amis de mon père parler de ce métier. Et petit, chaque mercredi, j’allais au cinéma. Ça m’a marqué. Depuis 2008 et ma rencontre avec Christian Faure, j’ai eu de la chance. Je fais beaucoup de castings. Des fois, ça marche, des fois ça ne marche pas. J’ai eu de belles propositions comme Assayas, Desplechin, Ozon, Blier… Ils m’ont choisi car ils savent que je ne suis pas du genre à imposer. Mon père m’a dit : « Fais pas trop le malin car ça va très vite. Faire quelques films, c’est facile. Durer, c’est autre chose. »

Votre personnage dans « Comme un homme » est un adolescent introverti, tourmenté et ambivalent. Totale composition ?

Il doit y avoir des similitudes mais je n’essaie pas de les voir. Moi, je me suis senti « comme un homme » la première fois que j’ai fait l’amour avec une fille. En fait, je pense que je serai vraiment un homme le jour où j’aurai des enfants.

Ce personnage, je l’ai beaucoup travaillé en amont avec une coach. Safy Nebbou avait pensé à moi pour le rôle et on a fait la première lecture à Malibu car j’étais à l’école à Los Angeles. Sur le tournage, j’ai eu un mois pour prendre mes marques avant que mon père n’intègre le tournage. Sa venue était un peu angoissante. J’ai senti la pression monter. Je me demandais si on allait se comporter comme deux comédiens ou comme un père et un fils. En fait, il a été très respectueux de mon travail. Ce n’était pas du tout le père qui donne des conseils. Sa présence m’a compliqué la tâche sur plein de choses mais ça a apporté une vérité dans certaines scènes. On s’est rapproché sur le terrain du jeu. Quand mon père est sur un plateau, il est différent de la maison. Il est de bonne humeur et vanne tout le temps.