Lycéens post-soixante-huitards contre yakuzas déchaînés à la Mostra

Rédaction en ligne

lundi 03 septembre 2012, 23:49

Le Français Olivier Assayas est entré lundi dans la course au Lion d’or avec “Après mai”, sorte d’écho de mai 68  sur la société en crise des années 70. De son côté, “Outrage Beyond”, du Japonais Takeshi Kitano, a plongé les festivaliers du Lido dans l’univers impitoyable des yakuzas.

Lycéens post-soixante-huitards contre yakuzas déchaînés à la Mostra

©Reuters

Mai 68 : et après ? « Après mai » d’Olivier Assayas n’est pas un film sur mai 68, mais sur le début des années 70, une période beaucoup moins explorée au cinéma alors qu’elle fut un moment d’effervescence politique et de création intense.

« Après mai+ cela dit exactement ce que je voulais raconter : l’écho de mai 68. Une période où résonne une expérience révolutionnaire unique dans l’histoire française du XXe siècle », explique le réalisateur de « L’eau froide » et de « Carlos ».

Pour ce faire, il a choisi dans la rue des jeunes, qui dans le film interprètent des lycéens de la région parisienne du début des années 70, tiraillés entre un engagement politique radical et des aspirations plus personnelles.

La soif d’absolu, l’innocence mais aussi la violence dominent leur existence, dont les adultes semblent absents.

Au premier plan, Gilles, un grand échalas à la tignasse brune qui veut faire les Beaux-Arts mais que les circonstances conduisent avec ses amis dans un périple allant de l’Italie à Londres.

Ce portrait groupé forme un contraste saisissant avec « la jeunesse des années 2010 (…) qui vit dans un présent amorphe », estime Assayas, pour qui « l’idée que l’on puisse avoir prise sur la société, qu’on puisse en revoir la nature même, est devenue (aujourd’hui) très vague et conventionnelle ».

Cette fresque de deux heures sortira le 14 novembre dans les salles françaises.

Takeshi Kitano, yakusa forever Le réalisateur japonais Takeshi Kitano a présenté ce lundi à Venise la suite de « Outrage » (2010), qui s’intitule tout simplement « Outrage Beyond » et reprend la saga de la famille du crime Sanno, dont l’empire a étendu ses tentacules sur la politique et le monde des affaires.

Les luttes de pouvoir entre la jeune génération et les vieux hiérarques de la famille Sanno, que la police veut mettre à profit pour tenter d’enrayer sa croissance, servent de toile de fond au jeu du chat et de la souris que se livrent les Sanno et une autre famille, les Hanabishi.

« Les yakuzas au Japon sont une forme différente de la mafia (italienne) mais en fin de compte, c’est la même chose », a estimé lors d’une conférence de presse Takeshi Kitano, chouchou de Venise où il a obtenu le Lion d’or en 1997 pour « Hana-bi » et le Lion d’Argent du meilleur réalisateur en 2003 pour « Zatoichi ».

La violence, aussi bien physique que psychologique, est omniprésente dans cet univers 100% masculin, aussi bien du côté des criminels que de la police. Les femmes, anonymes, ne font que de brèves apparitions: une serveuse, une prostituée (morte!) et la compagne d’un boss.

Et pourtant la violence est presque édulcorée: “ Il y a des scènes extrêmement violentes que je voudrais faire, mais je dois m’arrêter: s i nous en faisons trop, nous n’aurons pas de spectateur”, admet Kitano, pour qui « il est très intéressant de voir la réaction des gens face aux scènes choquantes ».

Lui-même invoque le caractère comique que peut revêtir une scène de violence. “Souvent, plus une scène est intense, plus elle fait rire. C’est ce que je voulais. Même moi j’ai commencé à rire durant le tournage” d » certaines scènes, a-t-il confié.

“Nou s avons essayé de décrire une situation réelle”, a-t-il expliqué, soulignant qu’il n’est “pas un réalisateur très apprécié au Japon. J’ai pensé qu’à l’étranger je pourrais avoir plus de visibilité”, a »,-il ajouté.

Le cinéaste de 65 ans a évoqué la possibilité d’”un troisième chapitre”. “J’ai déjà écrit le scénario », a-t-il annoncé.

(D’après AFP)