Contre le silence, on tourne !

JOELLE MESKENS

vendredi 14 septembre 2012, 11:34

Trois jours pour voir et parler du cinéma syrien. Quand l'art offre l'occasion de mieux saisir le conflit. Des auteurs racontent leur vision de la révolution.

Contre le silence, on tourne !

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Bien sûr, ce n'est pas ça qui changera le cours de la révolution en Syrie. Aucun film ne fera plier la Chine et la Russie au conseil de sécurité de l'ONU…

Faut-il pour autant rester aveugle et sourd devant la répression qui sévit depuis dix-sept mois ? Ce n'est pas seulement l'amour du cinéma qui a guidé la directrice des Halles de Schaerbeek. En organisant un cycle de trois jours consacré aux classiques syriens et aux documents tournés dans l'urgence, Fabienne Verstraeten offre à voir une autre réalité de ce pays dont on ne parle le plus souvent qu'en faisant le décompte des morts. Par le biais de la culture, c'est un autre visage de ce Proche-Orient meurtri qui se dévoile.

Celui d'un art où la poésie se mêle au militantisme et qui nous interroge sur notre propre conscience et notre impuissance à agir. Et si le regard seul était déjà un geste de solidarité ?

« Que peut le cinéma », qui se déroulera aux Beaux-Arts du vendredi 14 au dimanche 16 septembre, ne rendra pas seulement hommage aux figures du cinéma syrien comme Omar Amiralay, auteur de documentaires critiques sur le pouvoir, disparu l'an dernier. Le festival permettra aussi non seulement de voir des films d'auteurs comme ceux de Hala Alabdalla et Ossama Mohammed mais aussi de rencontrer ces cinéastes exilés dont le témoignage sur le conflit est précieux (lire par ailleurs).

L'occasion, aussi, d'envoyer un message de solidarité au peuple syrien. Peut-être Orwa Nyrabia l'entendra-t-il? Depuis le 24 août dernier, ce jeune cinéaste a été enlevé à l'aéroport de Damas. Il est porté disparu depuis.