250 euros pour des lectures publiques, la Sabam va-t-elle trop loin ?

Rédaction en ligne

mardi 13 mars 2012, 18:13

La Sabam demande 250 euros par an à une bibliothèque pour des lectures publiques. « C’est la législation en vigueur » indique Jérôme Van Win, porte-parole de la Sabam.

250 euros pour des lectures publiques, la Sabam va-t-elle trop loin ?

Selon la Sabam, chaque bibliothèque doit payer la somme de 12€30 pour toute lecture publique d’une œuvre enregistrée dans sa société. La bibliothèque municipale de Dilbeek, De Wolfsput, qui organise toutes les deux semaines des lectures pour les enfants, se retrouve à devoir payer 250 euros pour l’année.

Une coquille du Morgen

Le journal néerlandais faisait référence à un livre des frères Grimms. Un malentendu, selon la Sabam, puisque l’œuvre fait partie du domaine public.

Pour rappel, une œuvre est considérée du domaine public lorsque son auteur est décédé il y a plus de 70 ans.

« Nous ne sommes pas la seule société de droits d’auteur à agir de la sorte », s’est défendu Jérôme Van Win, porte-parole de la Sabam. « C’est la législation en vigueur, nous ne faisons que l’appliquer. »

Une grosse somme pour une petite bibliothèque

Lief Morren travaille à De Wolfsput. « Nous allons payer, puisque c’est la loi » déplore-t-elle. « Mais pour une petite bibliothèque municipale comme la nôtre, c’est une grosse somme. »

Elle affirme avoir contacté d’autres confrères n’ayant jamais dû payer pour une lecture à voix haute. Suite à cette demande de paiement, un groupe de bibliothécaire s’est formé pour demander que la loi soit modifiée.

« Nous trouvons que cette indemnisation est injuste. Les lectures que nous organisons font de la publicité pour le livre concerné. » ajoute Lief Morren. Il serait même courant que les enfants demandent à acheter le livre après une lecture.

Ecolo réagit

« Les bibliothèques remplissent une mission d’éducation permanente » s’insurge Ecolo par la voix d’Olivier Saint-Amand et Muriel Gerkens dans un communiqué de presse.

« Ecolo défend le principe d’une rémunération équitable des auteurs, convaincu que cette juste rémunération est une condition indispensable pour garantir la pérennité d’un travail artistique de qualité. Cependant, nous estimons ici que la SABAM va trop loin et se trompe de cible. Les statistiques le démontrent : ceux qui fréquentent les bibliothèques sont également ceux qui achètent le plus de livres ! »

Gauvain Dos Santos (St.)