« L'Académie française, ça m'amuse »

vendredi 20 avril 2012, 09:57

François Weyergans a été élu à l'Académie française le 26 mars 2009, au fauteuil de Maurice Rheims, laissé vacant par le décès d'Alain Robbe-Grillet, qui ne l'avait jamais occupé.

« Tout le monde me regarde d'un air consterné en se demandant ce que je fais là. Mais ça m'amuse. Quand j'avais 12-13 ans, sur mes cahiers de français, au collège Saint-Michel, à Etterbeek, je mettais : « François Weyergans, de l'Académie française. » A l'époque, j'aimais l'Académie. Je connaissais quasiment par cœur la liste des académiciens. Il y avait plein de gens bien, il y avait mon idole du moment, Paul Claudel. Plus tard, quand j'ai eu 20 ans, Jean Cocteau y était, et j'avais une grande admiration pour lui.

Ensuite je n'ai plus trop suivi. Et puis je ne sais pas ce qui m'a pris, il y a trois ans. J'apprends que si on veut succéder au fauteuil d'Alain Robbe-Grillet, il faut soumettre une lettre de candidature. C'était un lundi soir, la lettre devait être envoyée avant le jeudi. Je me suis dit : je me présente, on verra bien, s'ils me refusent, tant pis pour eux. Le lendemain de l'élection, après avoir bu pas mal, et en prenant un cachet effervescent, je me suis dit : mais qu'est-ce que je fais là ? Et on ne peut même pas démissionner. Mais ça m'amuse toujours. Là aujourd'hui, il y avait une réunion, j'ai téléphoné pour dire que je ne venais pas. C'est dommage, j'aime bien y aller. L'habit ? Non, non, je ne me sens pas déguisé. Vous savez, il est très bien coupé. Et on ne l'endosse que très rarement. Je ne l'ai porté que pour ma réception et pour celle de Danièle Sallenave, il y a trois semaines. Et l'épée, ce n'est jamais qu'une épée d'apparat. »