On a franchi la ligne d'arrivée du Marathon des Mots

ADRIENNE NIZET

dimanche 10 juin 2012, 20:20

Après des heures et des heures de lecture à haute voix, le festival a pris fin ce dimanche. Nous voilà rassasiés. Par Adrienne Nizet

On a franchi la ligne d'arrivée du Marathon des Mots

Aaaaaah… Même le plus athlétique des Marathoniens est soulagé au moment où il passe la ligne d'arrivée. C'est que la course, aussi belle soit-elle, prend des allures de performance quand elle s'étend au-delà de la norme. Quarante-huit heures de Mots. C'est ce que Bruxelles, et 3.000 amateurs de littérature, ont vécu ce week-end.

On ne reviendra pas ici sur l'ouverture ni sur la journée d'hier tant la densité des expériences et des émotions du jour est forte.

A 11h, Frédéric Dussenne a ouvert le bal avec La liseuse, de Paul Fournel, au C.C. des Riches-Claires. La liseuse, ce n'est pas une femme, c'est cet objet que se voit confier un jour un vieil éditeur, voyant ainsi modifiées ces habitudes de lecture (et donc de vie ?). Posé, attentif à son public (malheureusement clairsemé), le metteur en scène a livré de ce texte une lecture savoureuse, pleine de vie.

Dussenne by lesoir

A 12h, à Passa Porta, Ben Hamidou s'est emparé des mots de Congo, de David Van Reybrouck. Le texte (en néerlandais sous la plume de Van Reybrouck) ne sortira qu'en septembre dans sa version française. Ce qu'on en a entendu ce matin, soutenu par le sourire et la pétillance de Ben Hamidou, est très engageant.

Hamidou by lesoir

En milieu d'après-midi, à la Bellone cette fois, l'inénarrable Dominique Pinon s'est fait plaisir en lisant La maison des célibataires de Jorn Riel. Un plaisir partagé : le texte est truculent, pointant avec un humour presque naïf la vigueur et la brutalité de certains trappeurs du Groenland, peu habitués à la présence féminine…

Hamidou2 by lesoir

Et c'est en douceur que nous avons parcouru notre dernière ligne droite, avec Christelle Cornil à la lecture et Nicole Roland au texte.

Hamidou3 by lesoir

Par moments, la jeune comédienne semblait elle-même émue par ce qu'elle lisait, l'impressionnante histoire de Kosaburo, 1945. Un vrai bonheur de franchir la ligne d'arrivée en sa présence.