Véronique Biefnot en terre bolivienne
LUCIE CAUWE
vendredi 15 juin 2012, 11:54
Son deuxième roman, « Les Murmures de la terre », vibre lors des séances chamaniques mais se perd un peu ailleurs.
Véronique Biefnot saventure sur le terrain souvent dangereux du deuxième roman © David Ignaszewski
Véronique Biefnot a surpris tout le monde l'année dernière, à peu près à la même époque, avec son premier roman, Comme des larmes sous la pluie. Qui savait que la comédienne, aussi peintre, s'adonnait à l'écriture ? Elle posait dans ce livre des choix forts avec des personnages évoluant dans un paysage entièrement belge. Elle y prenait des options littéraires ambitieuses : un texte à plusieurs voix, des psychologies parfois compliquées. On avait suivi avec plaisir et intérêt l'histoire de Naëlle et Simon. On avait découvert quelques-uns de leurs secrets. Mais on restait un peu sur sa faim.
Repères
Roman Les Murmures de la terre ✶ VÉRONIQUE BIEFNOT Héloïse d'Ormesson 481 p., 23 euros Véronique Biefnot nous avait confié l'an dernier avoir presque achevé le deuxième tome d'une saga pour laquelle elle espérait aligner quatre titres. La voilà aujourd'hui publiée, cette première suite. On retrouve dans Les Murmures de la terre les personnages déjà rencontrés dans le livre précédent. Naëlle qui part début juillet en Bolivie tenter de remédier à son amnésie. Simon qui lui a offert ce voyage pour l'aider à ne plus fuir le réel. Lucas, le fils du précédent, mal à l'aise devant la nouvelle relation amoureuse de son veuf de père. Céline qui vit toujours dans sa jolie maison de Grez-Doiceau en compagnie de Grégoire et de leurs trois enfants.
On en rencontre d'autres évidemment. Le beau personnage de Manko, le Bolivien qui guide sans illusion le groupe de touristes en recherche de paix intérieure. Et plein d'autres Indiens qui vont approcher Naëlle pour l'une ou l'autre raison.
Chez les chamans
Durant les quelques jours qui séparent les voyageurs rentrés de randonnée de l'avion du retour, Naëlle disparaît. Dès qu'il l'apprend, Simon va se rendre à La Paz et tenter de la retrouver. Entre-temps, elle sera recueillie par des Indiens de la montagne. Ils vont soigner ses blessures physiques, puis lui indiquer le nom d'un chaman, installé dans un lieu secret de la forêt, qui pourra la rendre à elle-même. Le jeune Pedro l'y conduit. De son côté, Simon fait équipe avec Manko pour tenter de rejoindre Naëlle.
Si la jeune écrivaine excelle dans les nombreuses séances chamaniques, évocatrices, émotionnantes, empreintes de réalité, elle se perd un peu dans les autres chapitres. Beaucoup de répétitions qui fatiguent le lecteur, des formules lourdes, souvent convenues. Un roman qui part dans toutes les directions, même celle des entreprises pharmaceutiques qui volent les secrets des médecines indiennes.
Quant aux chapitres qui se déroulent en Belgique et devraient servir à faire retomber les tensions, ils sont à peine écrits et d'un convenu extrême. Véronique Biefnot a eu d'excellentes idées dans ce roman mais on l'a connue plus inspirée, plus sobre en mots, pour les déployer.