Le journaliste et écrivain Michel Polac nous a quitté

Rédaction en ligne

mardi 07 août 2012, 20:51

Tour à tour journaliste, écrivain, critique et producteur de radio-télévision, Michel Polac est décédé à l'âge de 82 ans. François Hollande salue un « esprit original et un homme libre ».

Le journaliste et écrivain Michel Polac nous a quitté

©AFP

Présentateur de plusieurs émissions littéraires à la télévision, il a également produit et réalisé des documentaires, notamment sur Céline. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages et d'autant de films, il avait créé l'événement en étant renvoyé de TF1 après la privatisation de la chaîne à la suite d'une ultime édition de « Droit de réponse » créée en 1981.

Selon sa famille, Michel Polac est mort « d'épuisement après plusieurs maladies ».

Né à Paris en 1930, il avait fait ses débuts comme producteur et animateur en 1951 à la Radiodiffusion télévision française (RTF) devenue ORTF.

Michel Polac avait parallèlement été critique dramatique et chroniqueur au journal Arts (1953-64), puis critique littéraire à l'Express.

Créateur de la première émission polémique de débats à la télévision avec « Droit de Réponse » sur TF1 en 1981, il a animé ces soirées du samedi avec énergie.

TF1 privatisée en 1987, son propriétaire Francis Bouygues le congédie quelques mois plus tard. L'année précédente, Michel Polac avait été récompensé par le « 7 d'Or » du meilleur animateur.

Il devient ensuite chroniqueur pendant dix ans à l'Événement du jeudi et anime l'émission « Libre et change » jusqu'en 89. Collaborateur de France Inter jusqu'en 2005, il a aussi tenu une rubrique régulière dans Charlie Hebdo.

Auteur de plusieurs romans et essais, il a notamment publié « Une vie Incertaine » (1956, réédité en 2007) et en 2000 des extraits de son journal intime couvrant la période 1980-1998.

Michel Polac a réalisé plusieurs films et téléfilms dont son « Autoportrait en vieil ours » en 1998, mais aussi « Un fils unique » (prix Georges Sadoul 1970) et « Monsieur Jadis » (1975).

Il est aussi passé devant la caméra au moins à deux reprises, en 1997 dans « Post coïtum, animal triste » de Brigitte Roüan et en 2005 dans « Imposture » de Patrick Bouchitey où il jouait le président du jury d'un prix littéraire.

Un « esprit original » et un « homme libre »

Le président François Hollande a salué mardi soir un « esprit original » et un « homme libre » après la disparition de Michel Polac.

« Avec Michel Polac disparaît un esprit original et un journaliste exigeant. Il aura marqué par ses émissions impertinentes et indépendantes les esprits de millions d'auditeurs et de téléspectateurs », selon le communiqué diffusé par le service de presse de l'Elysée.

« Tout au long de sa carrière, il nous aura fait partager sa passion pour les lettres, le cinéma et le théâtre. Michel Polac laissera l'exemple d'un homme libre et d'une figure de notre vie culturelle. Je tiens à adresser mes plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches », conclut M. Hollande.

May (avec AFP)