Le 11h02 : « Pas sûr de revoir Roberto dans un an »

Rédaction en ligne

mercredi 11 avril 2012, 13:44

Le verdict est tombé et il est sans appel. Le public a choisi Roberto Bellarosa comme gagnant The Voice Belgique. Et maintenant, place au bilan. Jean-François Lauwens et Adrienne Nizet ont répondu à vos questions.

Est-ce qu’on peut dire que Roberto est The Voice ?

Adrienne Nizet : « C’est étonnant parce qu’au long des dix-sept émissions, on a vu des personnalités sortir du lot, et avec Roberto on n’a pas tellement vu une personnalité. Il avait une belle voix, c’est évident mais ce n’était sûrement pas celui qui n’avait pas l’univers musical le plus tranché. Enfin, c’est le public qui a tranché. »

Jean-François : « Plus on avance dans l’émission, plus on devient mainstream. Prenons Lubiana, elle avait univers typé, un public autour d’elle plutôt branché mais qui ne vote pas. Plus on arrive vers la fin et plus c’est le grand public qui vote, et ce n’est pas du tout péjoratif. À la fin, celui qui gagne c’est très souvent le plus consensuel. »

On connaît le nombre de tweet ?

Adrienne : « On est à plus de 160 000 depuis le début de l’émission, alors qu’en France pendant la 1ère émission on était déjà à 70 000 tweet mais bon le nombre d’habitants explique aussi cela. Il faut aussi dire que les tendances sur Twitter ne représentaient pas les votes. »

Jean-François : « Il y a un public plus trendy qui s’est emparé de cette émission, et qui en a fait phénomène branché. Il y avait donc deux publics parallèles, et le public sur twitter qui n’est pas celui qui vote est donc déçu du résultat. »

Il y a une déception quant à la qualité des candidats ?

Adrienne : « Non, mais on s’est dit « Tout ça pour ça », il y a eu un engouement pendant 17 semaines et au final c’est quelqu’un d’assez attendu qui gagne alors que face à lui, on avait Renato avec un univers, une vraie présence sur scène… »

JF : « Je ne veux pas être méprisant mais c’est un chanteur de bal. Un genre de sous Frédéric François qui, lui, a quand même 40 ans de carrière et de succès. »

Est-ce dans la même veine que la Star Ac’ ?

JFL : « La différence, c’est qu’on a cru que c’était autre chose. Les deux stratégies sont aussi très différentes à la RTBF et sur TF1. La RTBF s’est présentée comme un anti- Star Ac’ alors que pour TF1 cette affiliation est assumée. »

AN : « Par contre on peut dire qu’en Belgique on a vraiment découvert des talents qui sans cela n’avaient aucune chance d’être médiatisés. »

JFL : « En France, les candidats ont déjà une carrière derrière eux alors que Roberto sort vraiment de l’école. Ici, ils viennent vraiment de nulle part. »

AN : « Le principe des blind auditions a beaucoup plu par son originalité puis après schéma plus classique de ce genre d’émissions. »

RTL a eu beaucoup d’audience avec les « Ch’tis «, comment peut-on analyser cela ?

JFL : « Pour la RTBF c’est une réussite. RTL a dû avoir un peu peur pendant les blind car il y avait un engouement mais qui est un peu retombé par la suite. Si on additionne les deux audiences, cela fait un million de personnes en Belgique francophone qui ne regardaient pas TF1 hier soir. »

Une deuxième saison est-elle prévue ? RTL pourrait-elle s’en emparer ?

JFL : « Il y a un contrat avec la RTBF donc elle a la main jusqu’à ce qu’elle renonce. Pour la deuxième saison, la décision devrait tomber dans les semaines à venir. On sait qu’ils considèrent cela comme une réussite en tout cas. »

Que retenir de cette émission ?

JFL : « On a mis en valeur des jeunes talents qu’on ne connaissait pas. En général quand on fait un programme comme ça sur une chaîne belge, on dit que c’est ringard, cheap etc. Ici, personne ne dit qu’on est ridicule par rapport à TF1. On dit même que l’on est plus authentique. Donc c’est une vraie bataille gagnée. »

AN : « Pour ce qui est du résultat, je ne suis pas sûre que dans un an c’est de Roberto qu’on parlera encore. »

Elodie Lamer (st.)