Une « fiancée » perdue en mer

AGNES GORISSEN

mardi 17 avril 2012, 10:41

Stéphane Pauwels rencontre deux êtres marqués par la vie. Florence Arthaud a failli mourir en mer. Et Julos Beaucarne a trouvé sa femme baignant dans son sang.

Une « fiancée » perdue en mer

Florence Arthaud a accepté de participer à l’émission « parce que le contact est bien passé avec Stéphane Pauwels » © RTL

Est-ce le côté taiseux des marins ? Juste un mauvais jour ? Toujours est-il que quand on appelle Florence Arthaud, elle n'est pas causante : difficile de lui tirer une réponse de plus de cinq mots concernant sa participation aux Orages de la vie. En mettant ensemble les réactions à plusieurs questions, ça donne ceci : « Je n'avais jamais entendu parler de l'émission, bien sûr : j'habite à Marseille. J'ai accepté parce que je fonctionne au contact. Et ça s'est très bien passé avec Stéphane Pauwels quand il m'a appelée après mon accident. Et les trois jours de tournage ont été comme des vacances, le côté pro en plus. »

Elle est plus diserte, en revanche, lorsqu'il s'agit de parler de l'expérience traumatisante qu'elle a vécue en mer. Celle qu'on appelait « la petite fiancée de l'Atlantique », première femme à gagner la Route du Rhum en 1990, est tombée de son bateau dans la nuit du 29 au 30 octobre 2011. Bêtement, en voulant faire pipi depuis le ponton. Le bateau, lui, a continué : il était sur pilote automatique. « Là, je me suis pensée foutue », dit-elle simplement.

Ce qui la sauve ? Le téléphone amphibie acheté deux jours plus tôt. Il lui permet d'appeler sa mère à Paris, qui avertit le frère de Florence, Hubert, lui aussi navigateur, à Antibes, qui peut alerter les secours. Pendant tout le travail de recherche, son frère et sa mère lui parlent, pour qu'elle tienne. C'est la géolocalisation de ce même portable qui permet de la repérer. Sa lampe frontale fait le reste. « Tous ceux qui ont vécu ça avant moi, nous dit-elle, ne sont plus là pour en parler, comme mon ami Tabarly. Aucune expérience n'est valable pour les autres. Mais peut-être la mienne va-t-elle inciter les marins à s'équiper de téléphones étanches. »

Florence Arthaud est passée très près de la mort : elle est restée deux heures dans une eau à 18 degrés avant qu'on la récupère, en état d'hypothermie. Elle n'aurait pas tenu plus de 15 à 30 minutes de plus. « Le pire a été pour ma famille, qui vivait ma mort en direct. » Une famille déjà éprouvée par le suicide du frère aîné de Florence quelques années plus tôt. « Plus encore qu'avant, je crois à mon destin. Et je naviguerai jusqu'à la fin de mes jours. »