Bel envol pour les Pigeons

AGNES GORISSEN

mardi 24 avril 2012, 10:01

« On n'est pas des pigeons » version France 2, ce n'est pas encore acquis. Mais un numéro zéro a été tourné samedi à la RTBF et le pilote définitif y sera enregistré en mai. Encourageant.

Bel envol pour les Pigeons

Véronique Mounier et Laurent Fontaine, les « doubles » français de Sébastien Nollevaux et Michaël Miraglia © Thomas Blairon

Le rendez-vous français d'On n'est pas des pigeons a bien eu lieu samedi, comme prévu. Et il a apparemment débouché sur un joli atterrissage : l'équipe venue de l'Hexagone s'est installée sur le plateau du JT de la RTBF et en régie comme si elle y avait toujours travaillé. Et elle s'est emparée du concept de l'émission avec la même aisance. Résultat : en quatre heures, le numéro zéro d'une version française d'On n'est pas des pigeons était mis en boîte.

Petit rappel pour ceux qui auraient raté les étapes précédentes. De passage en Belgique il y a quelque temps, le producteur et scénariste français Djamel Bensalah, de la société Miroir magique, était tombé par hasard sur l'émission conso de la RTBF. Le concept, le ton l'avaient séduit. Il avait alors pris contact avec Olivier Evrard, le producteur d'On n'est pas des pigeons. Puis avec Nathalie Nottebaert, de la cellule recherche et développement de France 2, dont la conclusion a été on ne peut plus claire : ce concept-là n'existe pas en France.

Un casting semblable

Voilà comment toute une équipe d'outre-Quiévrain s'est retrouvée samedi dans les locaux de la RTBF, amenée par Djamel Bensalah. Dans les rôles habituellement tenus par Sébastien Nollevaux et Michaël Miraglia : Véronique Mounier (L'amour est dans le pré version M6, Une semaine sans les femmes et Une semaine sans électricité sur France 2) et Laurent Fontaine (de la paire Bataille et Fontaine sur TF1). Ils étaient, comme dans l'émission belge, entourés de plusieurs chroniqueurs : India, ex-top modèle, chargée de débusquer les fausses promesses des régimes et des produits de beauté ; Thomas Hervé, monsieur grande consommation ; Anicey Mbida, rédacteur en chef du magazine 01 Informatique, pour tout ce qui est technologie ; et Thomas Laurencin, rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs. Un casting assez semblable finalement à celui de l'émission belge en termes de centres d'intérêt.

Un coup de main de Christophe Bourdon

Sous l'œil intéressé de Sébastien Nollevaux, tout ce petit monde a apparemment très vite trouvé ses marques, les réflexes à avoir, le ton juste et la connivence nécessaire pour que la sauce prenne – ce sont clairement des professionnels, habitués aux talk-shows. A noter aussi la présence de Christophe Bourdon, qui a prêté son concours pour l'interview rentre-dedans – c'était juste pour rendre service, mais qui sait si le Belge ne peut pas se mettre à rêver, vu la notoriété qu'il a en France depuis sa participation marquante à l'émission de Nagui Tout le monde veut prendre sa place.

Où et quand le projet va-t-il aboutir ? Rien n'est fait pour l'instant, le numéro zéro n'était qu'une sorte d'essai à blanc, qui n'engage personne. À la RTBF, où l'on a vraiment envie que ce projet aboutisse, certains freinent d'ailleurs des quatre fers, souhaitant que la presse en parle le moins possible, sous prétexte que trop en dire peut empêcher cette version française de voir le jour, craignant que les plus hauts responsables de France 2 ne soient pas au courant et s'offusquent d'un battage qui leur forcerait la main.

Mais dans la mesure où France 2 a marqué son intérêt et mis de l'argent dans ce tournage, que Nathalie Nottebaert, représentante de la chaîne, était présente à la RTBF, qu'un nouveau tournage, celui du pilote définitif, est prévu en mai, on imagine mal que France 2 n'y donne pas suite si elle est satisfaite du résultat. Surtout qu'on sait depuis quelques mois qu'elle cherche une émission consacrée à la consommation.