Kiefer est de retour

AGNES GORISSEN

jeudi 07 juin 2012, 10:33

Fini de déjouer des complots : Kiefer Sutherland joue le papa d'un enfant autiste au don exceptionnel. Un changement de style qui montre une autre facette de l'acteur.

Kiefer est de retour

Jake, le fils de Martin Bohm, voit le monde comme un ensemble mathématique Y compris les liens entre les gens © Be TV

Il ne s'appelle plus Jack Bauer mais Martin Bohm. Il n'est plus agent antiterroriste mais bagagiste à l'aéroport JFK de New York. Et sa principale préoccupation n'est plus de déjouer des complots mais d'aider son fils autiste de 11 ans, Jake. Pour autant, entre 24 Heures chrono et Touch, sa nouvelle série, le comédien Kiefer Sutherland ne s'est pas tout à fait débarrassé du 11 Septembre et de ses conséquences : si son gamin n'a jamais prononcé le moindre mot et semble incapable de communiquer, c'est vraisemblablement en raison du traumatisme qu'a représenté la mort de sa mère, un agent de change qui travaillait dans la tour nord du World Trade Center.

Derrière son mutisme, Jake cache cependant un don : comme il le dit dans le générique (le seul moment où on l'entend, avec la chute de l'épisode), « l'univers obéit à des lois de comportement subtiles (…). Tout est déterminé par des probabilités mathématiques ». Il cite une vieille légende chinoise, selon laquelle un fil rouge relie tous ceux dont les vies sont destinées à se toucher. Pour lui, ça se traduit en nombres. « Et mon rôle est d'en garder une trace pour établir des liens entre ceux qui ont besoin de se trouver. » Tout est bon ensuite pour communiquer ses déductions : des alignements de grains de pop-corn, des GSM placés en spirale (ceux que son père lui ramène des objets perdus de JFK), des suites de chiffres. Martin n'a jamais rien compris à ces messages. Jusqu'au contact, dans le pilote, avec un ancien pompier de New York… À partir de là, Martin va tout faire pour suivre les indications chiffrées de son fils, sans trop savoir pourquoi ni comment.

Des individus inexplicablement liés entre eux, de Tokyo à Bagdad, des Etats-Unis à la Russie, parfois jusque dans leur survie même ? Dès le premier épisode, on pense à une autre série, Heroes. Rien d'étonnant à cela : Touch est le fruit de l'imagination du même Tim Kring. On y retrouve ses obsessions. Et la même complexité : bien que les épisodes soient relativement indépendants, la moindre inattention au sein d'un même épisode est fatale pour la compréhension. Réjouissante pour l'esprit, Touch est une série exigeante.

Elle permet aussi de découvrir Kiefer Sutherland dans un autre registre, plus fragile, moins matamore.

Touch , Be 1, 20 h 50 (crypté).