A la rencontre des activistes
AGNES GORISSEN
vendredi 08 juin 2012, 12:21
Ce sont des gens de conviction, qui sont passés du discours aux actes, mais toujours de façon pacifique. On découvre des militants de Greenpeace et Animaux en péril dans la préparation d'une opération.
A Rodilhan, dans les arènes, les activistes dAnimaux en péril ont été battus et traînés comme des bêtes © RTL
On les voit en général de façon fugitive. Quelques images dans un journal télévisé à l'occasion d'une action d'éclat : une banderole déployée ici, un bateau ou un train bloqué là, un sit-in ailleurs ou encore un champ d'OGM arraché. Mais que sait-on vraiment de ceux que l'on nomme les activistes, de leurs motivations, de leurs méthodes. Faut-il les voir comme les Robin des bois des temps modernes ou sont-ils juste des gens ordinaires qui, à un moment, ont décidé de dépasser le stade du discours ?
De façon tout à fait exceptionnelle, le magazine Reporters s'est glissé dans deux de ces opérations coup-de-poing, l'une de Greenpeace, l'autre d'Animaux en péril. Depuis les tout premiers briefings, on suit la préparation puis la mise en uvre de ces actions. Et on rencontre des participants belges, qui expliquent leur choix, leur démarche.
L'objectif de Greenpeace, cette fois-là, est une centrale nucléaire, sur le toit de laquelle doit être accrochée une banderole antinucléaire. Ils vont devoir d'abord franchir des clôtures hautes et hérissées de barbelés, ce qui nécessite un entraînement. Puis ils seront équipés de masques, de combinaisons, de dosimètres et même, pour les chefs d'équipe, d'alarmes radiations. Transport en car, puis en camions fermés pour la discrétion. Pour la petite histoire, l'opération échouera : sans doute en raison d'une fuite, la police est présente près de la centrale.
Mais là n'est pas, pour nous, l'essentiel : on aura eu l'occasion de faire connaissance avec Geoffroy le chimiste, Sarah l'animatrice de maison de jeunes, Jean-Luc l'alpiniste et plusieurs autres bénévoles qui, malgré la peur parfois, expliquent qu'ils veulent agir pour une cause qui dépasse leur propre intérêt. Toujours de façon pacifique. Et sans jusqu'au-boutisme idiot : se faire arrêter sans avoir rien pu faire est ridicule d'où l'annulation de l'opération envisagée.
Les militants d'Animaux en péril, eux, vont tenter d'empêcher une corrida avec mises à mort dans le sud de la France. Parmi les Belges qui vont rejoindre sur place des bénévoles d'autres nationalités, il y a un couple d'informaticiens, Marlène, qui travaille dans un refuge, ou encore Alain, routier. Une fois à Rodilhan, ils réussissent à sauter dans l'arène, à faire leur sit-in et à s'enchaîner. Une action qui provoque les réactions déchaînées d'une partie du public : coups de poing, coups de pied, soutiens-gorges arrachés et militants traînés dehors comme des animaux une violence face à laquelle la police ne bronche pas. Au final, la corrida aura bien lieu. Et la plupart des activistes garderont des séquelles psychologiques de l'aventure. Sans pour autant remettre en cause leur engagement « Les bêtes ne sont pas des jouets », conclut simplement l'un d'eux.
Reporters , RTL-TVI, 19 h 45.