« Reporters » examine la criminalité venue de France

AGNES GORISSEN

vendredi 15 juin 2012, 10:21

A Mouscron, la criminalité a augmenté de 50% en un an. Les fauteurs de troubles venant de France, la police est limitée. Des commerçants s'arment.

« Reporters » examine la criminalité venue de France

À Coxyde, les flics pratiquent la VIP, Very Irritating Police – une véritable politique de harcèlement préventif © RTL

Il ne fait pas bon être voisin de la France, ces temps-ci. Les frontaliers, que beaucoup envient parce qu'ils peuvent aller faire leurs courses moins cher dans l'Hexagone, se prennent en retour un sacré fléau : une criminalité en hausse – entre les cambriolages, les home-jackings, le vandalisme et le trafic de drogue, elle a augmenté de 50 % en un an à Mouscron. Reporters est allé à la rencontre de victimes et de policiers, tout en tentant d'identifier les fauteurs de troubles.

A Mouscron, les commerçants, rassemblés en association, ne cessent de harceler le bourgmestre et le commissaire. Qui ne savent plus quoi faire : les effectifs de police sont au complet. Et les flics belges ne peuvent pas intervenir sur le sol français – ils collaborent à l'occasion, mais la coopération n'est pas permanente.

Dealers et skinheads

L'« ennemi » ? Il est multiple. Parmi les foules de jeunes qui déferlent chaque week-end du nord de la France, où ils n'ont rien à faire, pour venir s'amuser dans les discothèques belges, il y a des gamins sans histoire. Et il y a les autres. Des dealers, qui vendent leur came de synthèse à l'entrée des boîtes de nuit – ça part comme des petits pains. Des bandes de skinheads aussi, proches de l'extrême droite, adorant « casser de l'Arabe » et qui affectionnent une forme de gabber techno qui se danse… en reprenant le pas de l'oie nazi – quand ils se défoulent en discothèque, chacun se garde bien d'empiéter sur leur « territoire ».

A Coxyde – car le phénomène n'est pas propre à Mouscron, il se répète tout le long de la frontière –, les flics ont créé la VIP, soit la Very Irritating Police. Une vraie politique de harcèlement des trouble-fête potentiels. On voit ainsi les agents intercepter un bus en provenance de Dunkerque, relever préventivement les identités de jeunes déjà soûls, les photographier, leur confisquer leur alcool (même si bouteilles et canettes sont fermées et qu'ils ne sont donc pas en train de consommer sur la voie publique), les coller dans un tram qui sera escorté jusqu'à la sortie de la ville pour s'assurer qu'ils n'en descendent pas. C'est assez limite comme procédé, mais efficace.

Rien de tel du côté de Mouscron. Des contrôles existent – on assiste même à l'arrestation d'un fugitif qui doit purger en France une peine de douze ans de prison pour différents trafics de drogue ! Mais ils n'empêchent pas les malfrats d'agir. Et ils le font de plus en plus violemment. Francis, pépiniériste, vient ainsi d'être visé pour la quatrième fois ; jusqu'ici, c'était à son commerce qu'on s'en prenait ; cette fois, c'est à son domicile, là où sont sa femme et ses deux enfants.

Sans aucune perspective d'amélioration, certains commerçants ont décidé de s'armer. Avec tous les risques que cela comporte…

Reporters , RTL-TVI, 19 h 45.