Les prix récompensant le pire de la télé n’épargnent personne

JEAN-FRANCOIS LAUWENS

jeudi 21 juin 2012, 10:02

Le plus surréaliste, quand on a lancé ces prix parodiques, c’était qu’il n’existait pas quelque chose de ce genre dans ce pays. Mais, aujourd’hui, ce qui est surréaliste, c’est que la parodie est la seule à exister et qu’il n’y a pas de cérémonie sérieuse en la matière ! »

C’est Dan Gagnon qui parle. L’humoriste est le créateur des « Mouches d’or » récompensant le pire de la télévision belge à la manière des « Gérard de la télévision » en France. Mercredi soir, à Flagey, Nostalgie proposait la troisième édition de ces prix que, malgré le dixième degré évident, certaines chaînes ont encore du mal à ne pas boycotter comme si leur honneur était touché.

Cela dit, malgré leur approche humoristique, les « Mouches d’or » ont le mérite de fustiger quelques-uns des travers insupportables – même à échelle belge francophone – des gens de télé parfois à la limite des genres qu’il s’agisse des ménages publicitaires (« prix JBC Tatiana Silva-Sandrine Corman » ou Armelle récompensée pour « la plus belle reconversion » parce qu’« elle a arrêté l’animation pour faire des pubs de crème anti-vieillissement et aller relooker un château et son propriétaire ») ou des shootings photos sexy pour… journalistes (« Mouche d’or de la presse écrite » à Ciné-Télé-Revue « pour la couv’ très humide d’Ophélie Fontana »).

Les votants (sur internet) ont aussi « récompensé » Adrien Devyver du prix de l’anti-sexisme (parce qu’il est une potiche à côté des animatrices, Joëlle Scoriels ou Maureen Louys), Ingrid Lapraille, la présentatrice d’Allô tarot qui avait pété un câble en direct, du « Jean Barberisme » (« le plus beau moment surréaliste »), Caroline Fontenoy du prix de l’anti-télégénie ou l’émission de Barbara Gandolfi sur Star TV (Le Barbara Show) de la « Mouche d’or de l’émission la plus solidaire parce qu’on se dit que le concept a peut-être été pondu en atelier protégé ». Comme on le disait, il y en avait vraiment pour tout le monde et personne n’est rentré bredouille…