Que pèse vraiment La Trois ?
JEAN-FRANCOIS LAUWENS
jeudi 26 juillet 2012, 15:21
La Trois aura deux ans en septembre. Ses audiences sont désormais connues. Sa part de marché a dépassé le pour-cent. Dérisoire mais mieux qu'Arte et à peine moins que Plug RTL. Satisfaite, la RTBF veut la rendre événementielle.
Le Concours Reine Elisabeth, en diffusio ou rediffusion (en finale), est un des axes importants de cette chaîne culturelle qui finalement récolte plus daudience quArte Belgique, celle qui accueille le Concours en prime time © r
Dans quelques semaines, le 27 septembre précisément, La Trois fêtera ses deux années d'existence. « Chaîne de l'enfance, de l'éducation, de la connaissance et de la curiosité », elle est évidemment souvent la cible de railleries puisqu'elle semble d'adresser prioritairement à des publics de niche (les enfants, les malentendants, les amateurs de culture vivante, d'archives
). Mais, en réalité, 48 % de sa programmation est composée de fictions (cela va des films du cycle Hitchcock en VO à En analyse) et 15 % d'information (JT en gestuel, JT décalé d'une heure, qui marche plutôt bien auprès d'un public qui n'est pas présent devant sa télé à 19 h 30). Elle est également totalement dénuée de publicité et de sport.
Quand elle a été lancée, cette chaîne ne figurait pas dans les calculs d'audience réalisés par le CIM (Centre d'information sur les médias). Cette chaîne a beau être sans pub et destinée à des missions de service public, il est pourtant important de savoir si elle touche bien le public. Dans un premier temps, la RTBF disposait d'études confidentielles. Aujourd'hui, La Trois entre officiellement dans le calcul.
Et que dit-il ce calcul ? Que, depuis le début de l'année, La Trois récolte 1,2 % de parts de marché sur les 4 ans et plus et aussi sur les 15 34 ans. En juin, elle est montée à 1,9 %. Avec une moyenne de 50 ans en soirée (contre 59 ans à La Une et 51 ans à La Deux), La Trois est aussi la chaîne la plus jeune de la RTBF.
Plus d'événements à la rentrée
Cette audience de 1,2 % que l'on pourrait presque qualifier de confidentielle (on parle de quelques dizaines de milliers de téléspectateurs) est pourtant jugée
satisfaisante à Reyers. « Sincèrement, juge François Tron, le directeur de la télévision à la RTBF, pour une chaîne créée il y a deux ans sur un marché aussi concurrentiel et avec l'ambition de faire une télé exigeante, je suis plutôt content. C'est toujours difficile de faire une télé avec une forte plus-value mais cela ne nous empêche pas de le faire. Vous savez, Arte a un budget de 250 millions en France et existe depuis 20 ans mais cette chaîne a une audience de 1,6 % ! (NDLR : 2,5 % en 2011). Et, parmi les petites chaînes belges, si Club RTL et AB3 sont en 2012 à 4,3 %, Plug RTL n'est qu'à 2,2 %, c'est-à-dire pas très loin devant. »
Mais François Tron en convient : avec le type de programmes de La Trois, « le premier pourcent constitue un cap symbolique mais le deuxième est le plus dur à conquérir. » Il estime toutefois que la chaîne possède une marge de progression : « A la rentrée, nous allons réorchestrer un peu nos grilles. Ouftivi (programmes jeunesse) sera renforcé et il y aura des nouveautés dans le domaine des magazines. Mais la grande nouveauté consistera à aller vers des soirées thématiques tout en renforçant le caractère événementiel de la chaîne en fonction de l'actualité culturelle. »
On notera que La Trois réalise donc une audience supérieure à Arte. Or, à la grande fureur du MR, la ministre de l'Audiovisuel et de la Culture de la Communauté française Fadila Laanan (PS) octroie à la RTBF un budget spécifique de 2,8 millions d'euros annuels pour réaliser deux émissions culturelles aux audiences faméliques (50º Nord, Quai des Belges) sur ce que l'on appelle dès lors Arte Belgique. Et si l'essor de La Trois remettait en cause ce subside ?