Belgacom TV – RTBF : les dessous d'une inimitié

JEAN-FRANCOIS LAUWENS

mardi 31 juillet 2012, 11:26

Infiniment plus qu'avec RTL-TVI, la RTBF entretient en ce moment une relation haineuse avec Belgacom TV et notamment son responsable de la stratégie et du contenu Bruno Chauvat.

Plusieurs points de friction existent. D'abord les débauchages. Il y a longtemps, dès l'arrivée de l'opérateur, que Marc Delire a quitté la RTBF pour Belgacom. Son nouveau départ, cette fois de VivaCité, pour RTL dans le cadre d'un accord avec Belgacom ne va rien arranger. D'autant que la RTBF goûte peu que Delire ait (embauché Vincenzo Ciuro et) convaincu Benjamin Deceuninck. Celui-ci avait effectivement signé il y a un mois en faveur de l'opérateur et il a fallu une intervention au plus haut niveau pour rattraper le coup.

« Personnellement, je ne vois pas le problème, dit Delire. J'ai vu grandir Benjamin, c'est un peu mon petit frère. Belgacom TV se développe et on m'a demandé d'agrandir l'équipe. J'ai pensé à Benjamin pour présenter la Ligue des Champions en alternance avec moi. »

Mais il y a d'autres cadavres dans le placard. Selon nos informations, la RTBF a accepté dans un passé récent de collaborer avec Belgacom TV pour l'élaboration d'offres communes, à la fois gratuite à la RTBF et payante sur Belgacom TV, pour la Ligue des Champions et également pour les Jeux olympiques. Les négociations ont échoué et, à Reyers, on n'est pas loin de penser que Belgacom a, pour ce qui est de la Ligue des Champions arrachée à Voo en tout cas, profité du savoir-faire de la télé publique pour monter son dossier puis aller jouer cavalier seul devant l'UEFA.

Tout ceci explique la virulence avec laquelle l'administrateur général de la RTBF Jean-Paul Philippot a attaqué la politique actuelle de Belgacom (Le Soir du 4 juillet) : « Je suis très préoccupé par l'attitude de Belgacom, c'est celle d'un concurrent. Je n'ai pas de problème avec la concurrence, mais il y a un détail que Belgacom ne doit pas oublier : les chaînes traditionnelles – RTBF, RTL et TF1 – lui fournissent 80 % de son audience. Son contenu propre – VOD, chaînes exclusives… – ne joue que marginalement dans l'attrait qu'il exerce. Belgacom est une entreprise publique à 50 %. Est-ce son rôle de concurrencer les chaînes traditionnelles ? » Aujourd'hui, dit-on à la RTBF, l'heure serait à l'apaisement.