Grosfilley en mode capitale

JEAN-FRANCOIS LAUWENS

mercredi 01 août 2012, 12:07

Fabrice Grosfilley incarnait jusqu'ici la couverture de la politique belge à RTL. En ce début août, il prend ses nouvelles fonctions de patron de l'info de… Télé Bruxelles tout en gardant l'invité de 7h50 de Bel RTL. Premières impressions.

Grosfilley en mode capitale

Fabrice Grosfilley quitte l’information politique pour mettre son énergie au service de la télé locale d’une ville d’un million d’habitants : un défi qui le passionne ©Photo : Dominique Duchesnes

ENTRETIEN

C'est désormais chose faite : en ce mois d'août débutant, Fabrice Grosfilley a en effet quitté officiellement son poste de rédacteur en chef adjoint chargé de la politique à RTL pour endosser son nouveau costume de directeur l'information-rédacteur en chef de Télé Bruxelles (tout en gardant son interview de 7h50 sur Bel RTL). Il livre ses premières impressions au Soir.

Avez-vous déjà eu l'occasion de vous imprégner très profondément dans votre nouvelle rédaction ?

Oui, avec enthousiasme. Quand j'ai été choisi par Télé Bruxelles, je m'étais engagé auprès de RTL à finir la saison radio. Mais j'avais également demandé à pouvoir consacrer deux demi-journées par semaine à TLB. Nous avons donc déjà mené pas mal de travaux, sur les horaires des journalistes par exemple, mais aussi sur des choses que les téléspectateurs bruxellois verront à l'antenne dès la rentrée, qui concernent la ligne éditoriale et le contenu des journaux.

Comme ?

Nous allons évidemment garder deux journaux à 12 h 30 et 18 h mais en donnant plus de place au direct, le soir mais aussi à midi. Notre journal de 12 h 30 sera raccourci mais ne sera plus composé majoritairement de rediffusions de sujets de la veille, mais focalisés sur l'actualité de la matinée. J'ai été épaté par la réactivité de l'équipe aux propositions de changement. Il y a la même volonté de changement chez eux que dans mon chef. Même si, quand on vient de RTL, il faut tout diviser par sept : le public, le personnel, les moyens, même si certaines télés locales en ont plus…

Les télés locales souffrent d'une image très institutionnelle voire ringarde.

Bien sûr, parce qu'elles sont vécues comme les télés du pouvoir régional et qu'elles font beaucoup de politique et de culture. On va évidemment continuer à en parler mais on fera plus de judiciaire, de faits divers, de sujets socio-économiques ou de sujets qui, comme les soldes, ne sont pas spécifiquement bruxellois mais sont très identifiants pour le public. On va privilégier le direct, en invitant des interlocuteurs ou des politiques dans les journaux plutôt que d'aller filmer leur conférence de presse. Je souhaite aussi qu'on identifie Télé Bruxelles par un nouveau décor qui ne soit pas passe-partout. Et puis, on va travailler l'écriture des sujets qui est parfois un peu longue, un peu vieillotte.

On était déjà surpris de voir un Français s'intéresser à la politique belge, mais alors à l'actu bruxelloise !

Je vis à Bruxelles, plus exactement à Kraainem aujourd'hui, depuis 18 ans. Il se passe beaucoup de choses intéressantes, sur le plan économique, culturel. Bruxelles connaît aujourd'hui, et finalement Télé Bruxelles aussi, la difficulté de faire une ville avec des gens aussi différents que les Bruxellois de souche, les immigrés, les eurocrates. La culture est un lien social mais il faut l'envisager au sens large : la culture bruxelloise, c'est le raï et le rap autant que le théâtre. Il y a également les problèmes de mobilité qui constituent un vrai défi. Et puis, cela m'enthousiasme particulièrement d'arriver juste avant des élections communales dans lesquelles il y a des enjeux. Jean-Christophe Pesesse animera les débats préélectoraux et j'en ferai peut-être un également. Là aussi, on mettra le soir des communales le paquet sur le direct grâce aux moyens 3G nettement moins coûteux et beaucoup plus souples que les faisceaux satellite que nous partagions jusque-là avec la RTBF et qui ne pouvaient donc pas bouger. Nous voyagerons dans les 19 communes.

Vous conservez votre interview quotidienne sur Bel RTL. Cela ne risquait pas de poser de conflit d'intérêts ?

Je fonctionne comme prestataire de services indépendant qui livre un programme tout fait puisque j'ai le choix de l'invité de 7h50. Vous savez, Pascal Vrebos travaille exactement de la même façon. Il n'y a que 24 heures dans une journée mais cette formule me satisfait autant qu'elle satisfait, je crois, RTL. Il n'y a pas la moindre concurrence entre une télé locale et une radio « nationale ». Et je pense que c'est bien pour Télé Bruxelles d'avoir cette visibilité-là aussi. Par rapport à la RTBF, il est vrai que Télé Bruxelles collabore avec elle mais j'ai une éthique et je sais faire la part des choses. La soirée électorale de TLB sera commune à VivaBruxelles, mais ce soir-là je serai en régie. Si j'apparais à la RTBF, ce sera avec la casquette de rédacteur en chef de Télé Bruxelles, pas celle d'intervieweur à Bel RTL.