Jean-Luc Delarue est décédé des suites d'un cancer

Rédaction en ligne

vendredi 24 août 2012, 12:52

L'animateur et producteur français âgé de 48 ans a succombé la nuit dernière à un cancer de l'estomac ont confirmé ses proches.

Depuis quelques mois, l'animateur était hospitalisé au service oncologie de l'Hôpital Américain de Paris, situé à Neuilly-sur-Seine. « Il oscille, ces derniers temps, entre trois jours passés à son domicile et quatre jours à l'hôpital », avait expliqué le mois dernier son avocat, Me Nicolas Huc-Morel.

« Il ne passera pas l'été »

Ça, c'était pour la version officielle. Un proche de l'animateur, qui confirmait de son côté qu'il était au plus mal suivant désormais des protocoles de chimiothérapie qui durent entre quinze jours et trois semaines. « Il est hospitalisé quasi en permanence. J'ai été lui rendre visite. Il est vraiment très malade, il est très faible. Il lutte chaque jour, il se bat. Malheureusement, je crois qu'il ne passera pas l'été. Un matin, on se réveillera, et au petit-déjeuner, on entendra à la radio que Jean-Luc Delarue est mort, des suites d'une longue maladie. C'est triste à penser, c'est triste à dire, mais c'est la vérité ».

La dernière apparition publique de l'animateur remonte au 21 janvier dernier. Accompagné d'Anissa Khel, ex-mannequin reconvertie dans la création de bijoux, sa compagne depuis deux ans, Jean-Luc Delarue venait découvrir la présentation de la collection homme de Dior. Vêtu d'une veste en cuir, afin de masquer sa perte de poids due à son traitement, et d'un bonnet noir, pour cacher sa perte de cheveux due à ses chimiothérapies, l'animateur apparaît fortement affaibli par la maladie, les traits émaciés, le regard fatigué. Seule la présence et l'amour de sa compagne lui redonnaient le sourire face aux dizaines de photographes présents lors de la cérémonie.

Dans la terrible épreuve qu'il traversait à ce moment, sans conteste la plus difficile de sa vie, il a pu compter sur l'amour et le soutien de ses proches, à commencer par celui d'Anissa qu'il a épousée le 12 mai dernier à Belle-Île-en-Mer, la région d'origine de l'animateur, où il possède une maison face à la mer. Mais quand l'animateur eu besoin de courage, dans sa lutte pour la vie, c'est à Jean, son fils âgé de 5 ans, né de son histoire d'amour avec la journaliste Elisabeth Bost, qu'il pense. C'est pour lui qu'il se bat chaque jour. « J'essaie de lui donner ce que je n'ai pas connu «, expliquait l'animateur. « Je ne l'ai qu'un week-end sur deux, et quelques heures dans la semaine. Alors je fais de ces instants des moments privilégiés où je ne suis qu'à lui. Il m'a beaucoup aidé même s'il ne le sait pas ».

Rattrapé par la drogue

Le lundi 2 juillet dernier, dans la salle d'audience de la 12e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre, s'est ouvert le procès Delarue sans… Jean-Luc Delarue. L'animateur qui devait comparaître, dans le cadre de ce procès qui doit déterminer la responsabilité d'une vingtaine de prévenus dans un important trafic de cocaïne à Paris et dans les Hauts-de-Seine, mettant en cause des personnalités du monde artistique et médiatique, était absent pour raisons de santé. Lors du premier jour du procès, l'avocat de l'animateur, Me Nicolas Huc-Morel, a rappelé devant le tribunal que son client souffre d'un cancer de l'estomac et du péritoine qui lui impose de suivre un traitement et nécessite des hospitalisations, dont plusieurs ces dernières semaines.

Dans cette affaire, l'animateur et producteur de télévision Jean-Luc Delarue est accusé pour acquisition et détention de cocaïne. Des faits que l'animateur a reconnus lors d'une garde à vue qui dura plus de neuf heures, après qu'il ait été interpellé par les enquêteurs, le 14 septembre 2010, à 6 heures 20 du matin, à son domicile, un charmant et luxueux appartement situé à Saint-Germain-des-Prés, à Paris, en possession de 15 grammes de cocaïne. La consommation régulière de l'animateur était de 20 grammes de cocaïne par semaine.

Ce qui représentait un budget mensuel oscillant entre 8.000 et 10.000 euros, selon les mois et selon les fournisseurs de l'animateur. Au moment de son arrestation par la police, aux petites heures du matin, Jean-Luc Delarue se laisse faire et coopère avec la police. Quelques heures après avoir subi un interrogatoire de police, après son arrestation, Jean-Luc Delarue est relâché. Ayant déjà connu quelques problèmes d'image en raison de dérapages précédents, l'animateur réalise très vite que cette arrestation peut lui coûter sa carrière. En effet, en février 2007, lors d'un vol Paris-Johannesbourg, un mélange maladroit et involontaire d'alcool et de médicaments fait perdre le contrôle de lui-même à Delarue qui aura un comportement violent avec le personnel de bord et les passagers. Un steward et trois hôtesses porteront plainte contre l'animateur. Son image en prendra un sacré coup. Pour cette raison et pour éviter que son image ne soit une nouvelle fois écornée avec les photos de son arrestation que la presse s'empresse de publier, Jean-Luc Delarue réagit rapidement en rejoignant le plateau de son émission Toute une histoire. Face au public présent sur le plateau, aux techniciens et à l'ensemble de l'équipe, Jean-Luc se met à parler, la voix tremblotante et hésitante. Le silence se fait sur le plateau pour écouter l'animateur. « Je vais essayer de parler sans

réfléchir, de présenter mes excuses à tous ceux que j'ai pu offenser ou décevoir », commence-t-il. « Je veux dire que ne veux pas donner le mauvais exemple, qu'il y a des moments qui sont un peu plus durs que d'autres dans la vie, que toutes ces histoires de mes invités que je reçois, je les prends parfois un peu dans la poire. Je suis conscient que c'est pas bien, je suis conscient que c'est pas bien pour la société, je suis conscient que c'est pas bien pour moi-même non plus. Et donc, je suis en traitement depuis quelque temps déjà. En tout cas, je vous remercie de votre soutien, je vais tout faire pour mériter votre confiance. Et je crois en la deuxième chance si vous me la donner. Merci ! »

Pendant un an, après sa cure de désintoxication, l'animateur se retire du petit écran. Il entame un tour de France en camping-car pour mettre en garde les collégiens et lycéens aux méfaits de la drogue, à travers son témoignage et sa propre histoire. Il fera même halte en Belgique, à l'Institut Sainte-Claire de Verviers, le 1er juin 2011. « Je voulais dire aux jeunes que c'était possible de s'en sortir ». De la drogue, de la cocaïne, Jean-Luc Delarue s'en est sorti. Mais la maladie l'a rattrapé.

APS