Décès du chanteur français Jean Ferrat

Rédaction en ligne

samedi 13 mars 2010, 20:57

Le chanteur français Jean Ferrat, artiste engagé à l’idéal communiste et auteur d’environ 200 chansons, est décédé ce samedi à l’âge de 79 ans, ont indiqué les autorités locales en Ardèche où il résidait.

Décès du chanteur français Jean Ferrat

AFP

« Il est décédé à l’hôpital d’Aubenas », où il avait été hospitalisé quelques jours auparavant, a précisé le sous-préfet de Tournon-sur-Rhône.

Les chansons inoubliables de Jean Ferrat

1958: « Les mercenaires », « Ma vie, mais qu’est-ce que c’est? », « Frédo la nature », « L’homme sandwich »

1963: « Nuit et brouillard », « Nous dormirons ensemble »

1964: « La Montagne », « Que serais-je sans toi? », « Autant d’amours autant de fleurs », « Les beaux jours »

1965: « Potemkine », « Je ne chante pas pour passer le temps », « Heureux celui qui meurt d’aimer », « Pauvre Boris »

1967: « Cuba si », « Indien »

1969: « Ma France », « Les poètes »

1970: « Camarade »

1971: « Aimer à perdre la raison »,

« La Commune », « Les derniers tziganes »

1975: « La femme est l’avenir de l’homme »

1979: « Le chef de gare est amoureux », « Les instants volés »

1985: « Je ne suis qu’un cri », « Le châtaigner »

(ap)

Aussi prolifique que discret, Jean Ferrat a composé et interprété environ 200 chansons, mêlant textes engagés, hommages au poète et romancier Louis Aragon et déclaration d’amour à l’Ardèche, sa région d’adoption.

Né Jean Tenenbaum le 26 décembre 1930 à Vaucresson (banlieue parisienne), Jean Ferrat avait perdu à l’âge de 11 ans son père, juif émigré de Russie en 1905 et mort en déportation à Auschwitz. Il fut sauvé grâce à des militants communistes, ce qu’il n’oubliera jamais.

A la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille et devient aide-chimiste jusqu’en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens.

Rapidement, Jean Ferrat choisit d’interpréter des textes engagés, comme « Nuit et Brouillard » (1963), rappelant les horreurs de la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale, une chanson non diffusée par les radios, puis « Potemkine » (1965), à la gloire des marins du cuirassé de la mer Noire, dont la mutinerie fut le prélude de la révolution russe de 1905, interdite d’antenne.

Compagnon de route du Parti communiste français (PCF), sans jamais en avoir été membre, il affirme haut et fort ne pas tout accepter du parti. Ainsi ses chansons « Camarade » qui dénonce l’invasion russe de Prague en 1968, ou « Bilan » en réponse au « bilan globalement positif » dressé par le PCF sur les pays de l’Est.

En 2007, Jean Ferrat s’était prononcé en faveur d’une candidature de l’altermondialiste français José Bové (actuel eurodéputé) comme représentant d’une gauche antilibérale pour l’élection présidentielle.

Son dernier engagement politique se situait dans le cadre de la campagne des élections régionales (dont le premier tour a lieu dimanche) avec le soutien de la liste du Front de Gauche en Ardèche.

En 1974, deux ans après avoir arrêté de se produire sur scène, et en 1995 il consacre avec succès deux albums à Louis Aragon dont il met les textes en musique (« Que serais-je sans toi? », « Heureux celui qui meurt d’aimer »).

Lors d’une rare interview à la télévision, en 2003, il s’insurge contre la grande industrie du disque qu’il estime dangereuse pour la liberté de création.

Jean Ferrat a été marié à la chanteuse Christine Sèvre, décédée en 1981.

(afp)