« Pour être influent, un artiste doit rester libre ! »

Rédaction en ligne

mardi 01 novembre 2011, 15:53

De passage à Bruxelles, Jean-Louis Aubert a fait un petit détour par la rédaction du Soir. Par ces temps de crise, l’artiste français s’est montré fort concerné par les enjeux de notre société.

De passage à Bruxelles, Jean-Louis Aubert s’est permis un petit détour par la rédaction du Soir.

Chaleureux, détendu et souriant, le chanteur prend le temps de dire bonjour à tout le monde. Après s’être installé au centre de la rédaction, il commence la discussion avec les journalistes, feuilletant machinalement les journaux devant lui. Et se prête au jeu de l’interview…

Sur la Toussaint. En ce jour de Toussaint, on le sent un peu détaché de toutes ces célébrations « officielles ». « Les fêtes, en général, je m’en méfie… », dit-il. « Faire comme tout le monde, ça ne colle pas avec l’esprit d’où je viens. »

Sur la crise. « Ca me touche et ça me paraît dingue cette décision du Premier ministre grec de convoquer un référendum. On a mis des semaines à mettre au point un plan de sauvetage et après il soumet tout cela au peuple. Il aurait dû faire le contraire… ».

Il avoue également ne pas jouer en bourse et même détester ça. Pour lui, l’important est d’avoir suffisamment d’argent pour subvenir à ses besoins. « Mais tout cela, finalement, ça n’a pas tant d’importance… Ce qui compte au fond, ce sont les liens entre les gens, (…) c’est ce que je ressens quand je suis en tournée » assure-t-il.

Sur la présidentielle française. « Sans toute cette affaire, je pense que Strauss-Khan aurait pu être un bon concurrent. Il a une bonne connaissance des matières économiques et il a des talents de négociateur. Ca a été un vrai gâchis… » Quand on lui demande s’il ira voter, il hésite. Il a trop souvent été déçu jusqu’à présent… Mais le fait de ne pas voter ne serait, selon lui, pas pour autant contradictoire avec le rôle social qu’un artiste doit jouer : « Je pense que pour qu’un artiste reste influent, il doit rester libre ! » insiste-t-il. Et le côté visionnaire des artistes peut parfois être grand : « La bombe humaine, c’était il y a pourtant plus de quinze ans… on peut parfois écrire les choses avant qu’elles ne se réalisent. »

Sur le web. « Avec le web, tout va beaucoup plus vite et les gens sont aussi plus vite effrayés ». Face à de tels phénomènes, il se veut optimiste mais aussi un peu craintif : « Avant, les médias étaient des intermédiaires mais avec le net, on voit tout ! ».

Sur les Restos du Coeur. Quand on évoque son implication dans les restos du coeurs, il sourit. « Je pense que c’est un joli système mais il ne faut pas se leurrer : tout le monde y trouve son compte. Personne n’est purement altruiste, tout le monde y gagne ! »

Après cette interview assez politique, l’artiste français passe à autre chose et revient à ses amours : la musique. Mais l’artiste est bien vite rappelé aux réalités du jour et se plie, un peu mal à l’aise, à la traditionnelle séance photo. Souriant malgré tout, il prend la pause pendant quelques minutes. Avant de repartir, il a accepté de répondre à quelques questions pour le site. Vous pouvez trouver cette interview caméra ci-dessus.

Déçus de l’avoir raté ? Prochain passage en Belgique le 3 décembre pour un concert supplémentaire à Forest National.

Gaëlle Moury (St.)