La grande fête latino-africaine de Roberto Fonseca

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

mercredi 25 avril 2012, 09:50

Le pianiste cubain de 36 ans aurait pu poursuivre une carrière latin jazz sans écueil, poursuivant sur sa réputation, sur son travail avec le Buena Vista Social Club, sur les sept albums qu'il a déjà sortis. Il a préféré oser autre chose, revenir à ses racines africaines, tenter le mélange. Il a bien fait : son CD est magnifique, profond et joyeux, festif et spirituel.

Votre dernier album s'appelle « Yo », moi. La couverture vous montre torse nu, les mains ouvertes. Pourquoi ?

Pour la simple raison de me montrer au monde et de partager mon âme et ma musique. C'est pour cela que j'ai appelé cet album Yo, c'est-à-dire « moi » : c'est ce que je suis, ce que j'aime, ce que je veux partager avec vous.

C'est une rupture par rapport à vos précédents albums.

J'ouvre une nouvelle façon de faire ma musique. C'est comme un rebond pour moi, une renaissance. C'était un rêve que j'avais depuis toujours de faire une musique plus spirituelle.

Cela annonce-t-il d'autres albums dans le futur.

Oui, certainement. Je me sens si bien, si heureux de mélanger mes racines personnelles et les racines africaines. Je sens que ce n'est que le début.

Vous ne jouerez plus de latin jazz ?

Oui, bien sûr. C'est aussi une part de ma culture, de ma vie. J'ai un grand amour du jazz. Je ferai toujours cette musique. J'improviserai toujours sur mes chansons, parce que c'est le moyen de montrer comment vous pensez, comment vous vous sentez. Je serai toujours connecté à ces racines latines.

Votre piano reste bien jazzy.

Bien sûr. Le jazz est mon langage de base. Il m'a donné l'opportunité de communiquer, de dialoguer avec les autres musiciens.

Vous avez mixé les genres pour donner une nouvelle musique ?

C'est ce que j'ai essayé de faire dans cet album. Je ne veux pas qu'on dise de moi que je suis un musicien de jazz ou électronique ou africain, je mélange tous ces outils, le classique comme l'électronique. Si les gens reçoivent ma musique avec plaisir, qu'ils soient amateurs de jazz, de musique africaine, de musique latine, je suis heureux. Je veux atteindre tout le monde. Et c'est ça qui est important.

Vous saviez ce que vous vouliez obtenir ?

Je savais exactement ce que je voulais entendre.

Vous êtes fier de cet album ?

Très fier. C'est un travail d'équipe. Vous le verrez sur scène. C'est comme une grande fête spirituelle latino-africaine.

Roberto Fonseca est à l'Ancienne Belgique, boulevard Anspach, 1000 Bruxelles, le jeudi 26 avril. Avec le même groupe que sur l'album, Fatoumata Diawara, prise ailleurs, en moins. 02-548.24.24 ; www.abconcerts.be