Sal La Rocca sera bop et soul pour Jazz à Liège

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

mercredi 09 mai 2012, 10:18

Entretien Le festival de Liège est un des grands rendez-vous de la saison bleue. Avec Aka Moon, Philip Catherine, Anthony Joseph, etc.

Sal La Rocca sera bop et soul pour Jazz à Liège

« Ce à quoi j’aspire, c’est jouer, être sur scène Sinon je me sens comme un lion en cage » © Johan Van Eycken

Jazz à Liège, c'est ce week-end des 11 et 12 mai au Palais des Congrès de Liège. Et c'est comme si l'été revenait. Après on enchaîne avec les autres festivals, Comblain, Gand, Dinant, etc. Voyez ci-contre, il y aura des vedettes. Le vendredi 11, le contrebassiste Sal La Rocca sera sur la scène du club Maison du jazz avec le Bop and Soul Sextt, un groupe où figurent aussi Maxime Blésin, Pascal Mohy, Hans Van Oosterhout, David El Malek et Grégory Houben. Du bop assaisonné de soul, qui donne une irrésistible envie de danser. Nous avons rencontré Sal La Rocca, 50 ans, chez lui, à Saint-Gilles, coiffé de son éternel bandana.

Repères

Bop 1 Soul Sextt, 11 mai, club Maison du jazz, 19 h 15 ; www.jazzaliege.be Duo Pascal Mohy/Sal La Rocca around Duke Ellington, Jazz Station, Saint-Josse, samedi 12 mai.

Vous êtes tellement présent sur nos scènes, avec l'un ou l'autre artiste, que vous vous fondez dans le paysage. Etre le sideman permanent, c'est frustrant ?

Pas du tout. Etre sideman est un plaisir, que je préfère à celui d'être soliste. C'est un rôle très ingrat mais qui donne beaucoup de bonheur. Et cela ne m'empêche pas de garder ma personnalité.

Vous avez commencé par jouer de la guitare.

Du rock dans les années 70. J'adorais Otis Redding, Tina Turner, Slade, les Scorpions et Led Zepp. J'habitais Liège et je venais à Bruxelles jouer avec un groupe de hard rock. Puis j'ai dû aller travailler en usine, pendant six ans. J'ai alors mis la musique de côté.

Et vous avez ensuite troqué la guitare contre la contrebasse.

J'avais fait la connaissance d'un saxophoniste. On a partagé un appart à deux. Je portais une grosse barbe. Un jour, il m'a dit : « Tu as une tête de contrebassiste. » Je l'ai pris au mot, sur un coup de tête. Mais je ne regrette vraiment rien.

Vous avez joué avec quasi toute la scène belge, et avec des tas de musiciens étrangers, Steve Grossman, Charlie Mariano, Didier Lockwood, Lee Konitz, Stanley Jordan, Jacky Terrasson…

Je me suis beaucoup frotté aux autres. Mais je ne suis pas le seul. Voyez Jean-Louis Rassinfosse, Philippe Aerts, Nicolas Thys.

Ce sont des genres différents, des expériences très diverses.

Je suis 100 % jazz et j'ai une palette assez large. Peut-être parce que j'ai d'abord fait du rock ; quand on me demande une base rock, c'est sans problème. Peut-être aussi parce que je suis autodidacte : je ne suis pas formaté par un professeur. Et puis je n'ai pas d'œillères, j'aime beaucoup de styles. Dani Klein, de Vaya con Dios, avait monté un groupe acoustique et elle m'a demandé de jouer avec elle. J'ai beaucoup aimé. Ça m'a apporté beaucoup de choses.

Et puis vous avez monté votre propre groupe. Avec un premier disque et puis un second.

Le premier album, c'était il y a dix ans, le début d'une histoire amoureuse. J'avais plein de musiques en tête. Je me suis dit : si on enregistrait ce foisonnement d'idées. Ce fut Latinea, l'anagramme de Natalie. Le deuxième, qui vient de paraître, It could be the end, c'est très différent : c'est voulu, projeté, un quintet avec l'esprit jazz. On a joué comme sur scène, c'est pour ça qu'il sonne bien.

A Liège, vous jouez avec Bop and Souls Sextt, le projet du guitariste Maxime Blésin.

Ça reflète bien les années 50-60, le bop commençant, assez soul. Une très chouette musique, festive. On a la patate quand on joue ça.