Tout John Peel à portée d'oreilles

THIERRY COLJON

mardi 15 mai 2012, 10:14

Entre 1967 et 2004, sur la BBC, John Peel a découvert de nombreux artistes. Sa discothèque et ses fameux enregistrements sont aujourd'hui disponibles librement sur le Net. Un joli coup de Spotify.

Tout John Peel à portée d'oreilles

: AFP

John Peel – John Robert Parker Ravenscroft de son vrai nom – fut sans conteste le plus grand DJ anglais. Durant 37 ans, il a animé des émissions à la BBC, sur Radio 1, entre 1967 et sa mort d'une crise cardiaque en 2004, à l'âge de 65 ans.

Aujourd'hui, Le John Peel Centre For Creative Arts met à la disposition de tous, via Spotify, non seulement toutes les fameuses John Peel Sessions (près de 4.000 prises Live At The BBC de 2.000 artistes différents dont David Bowie, The Faces, Robert Wyatt, Pink Floyd, les Sex Pistols, The Clash, The Cure, The Smiths, The White Stripes…), mais aussi sa propre discothèque qui est évaluée à plus de 25.000 albums et 40.000 singles.

Sur le site http://thespace.org/items/s000004u, on découvre également des extraits d'émissions, des photos et des interviews. Une vraie mine d'or pour ceux qui s'intéressent à l'histoire de la musique.

John Peel a 21 ans quand, en 1960, il part aux Etats-Unis faire ses armes dans une radio de Dallas avant de manager le groupe californien Misunderstood qu'il ramène dans ses bagages à son retour en Angleterre. Il commence à se faire remarquer sur la radio pirate Radio London qui doit fermer en 1967. John Peel rejoint tout de suite Radio 1 où il applique les mêmes méthodes : de la bonne musique à découvrir, entrecoupée de considérations personnelles ou d'interviews. Peel n'en fait qu'à sa tête et deviendront légendaires ses fantaisies consistant, par exemple, à diffuser sur antenne l'intégralité de l'album Tubular Bells de Mike Oldfield ou l'Elephant des White Stripes, avant sa sortie.

Il est le premier à diffuser « Anarchy in the UK » et « God save the queen », des Sex Pistols avant que ces titres ne soient censurés par la BBC.

John Peel profitera de l'obligation syndicale, sur la chaîne d'Etat, de diffuser des orchestres jouant live en studio, pour inviter tous ces jeunes groupes qu'il révélera. Passionné de rock, de reggae, de punk ou de hip-hop, il imposera le respect grâce à une ouverture d'esprit assez rare. Bernard Lenoir, en France, s'en inspirera d'ailleurs pour ses Black Sessions.

John Peel était le seul DJ de la BBC à bénéficier d'une liberté totale concernant la musique qu'il passait sur antenne.

C'est cette musique, celle qu'il a diffusée et celle qu'il possédait chez lui, qu'on peut retrouver dans cette énorme discothèque virtuelle. Pour Spotify, le site suédois de streaming, concurrent notamment du français Deezer, c'est un joli coup lui permettant de se distinguer avec des morceaux sortant des sentiers battus.

Infos : http://thespace.org/items/s000004u