Reine Elisabeth : Marc Bouchkov, une fougue parfois imprévisible

SERGE MARTIN

mercredi 23 mai 2012, 21:57

Finale violon Marc Bouchkov (Belgique, 21 ans) est un tempérament fougueux qui ne cesse de s’impliquer à l’extrême, fut-ce au prix de problèmes de justesse.

Avouons-le : son interprétation du premier mouvement de la 7e sonate de Beethoven interpelle. Une belle énergie se disperse en une série d’instants qui ne s’intègrent jamais dans une grande ligne. Visiblement, le concurrent cherche ses marques. Il les trouvera dans la sérénité méditative d’un bel adagio qui débouche sur un scherzo espiègle et un « allegro » final dont la véhémence obstinée va droit au but.

Visiblement, notre compatriote se cherche. Il a d’ailleurs tombé la veste quand il revient sur scène pour l’imposé où son implication sera extrême. Il part délibérément à l’assaut de ce redoutable parcours d’obstacles où il ose aller jusqu’au bout des effets de demandés qui, soudain, servis avec cette force irrépressible, deviennent pertinents.

Sibelius oscillera entre ces deux pôles : un début pensif se transforme très vite en un chant ardent et d’une belle ampleur. Si ce n’est que ce vrai musicien nous réserve au milieu du mouvement un beau mouvement de rêverie hallucinée. Son « adagio », dense et inspiré, sera le plus beau moment de sa prestation qui se termine avec un finale d’un panache un peu inégal.