Reine Elisabeth : Nancy Zhou, l’autorité souveraine
SERGE MARTIN
vendredi 25 mai 2012, 23:59
SERGE MARTIN
vendredi 25 mai 2012, 23:59
Nancy Zhou (Etats-Unis, 19 ans) a commencé par faire face à des problèmes d’accord de son violon, un Amati. Pas évident de dompter un pur sang ! Et pourtant, comme le démontre une fascinante première sonate de Prokofiev, les difficultés ne semblent guère l’ébranler. Les moyens sont stupéfiants : une technique prodigieuse, une sonorité ample et radieuse, une implication totale. Le résultat très élaboré : parcours de la noirceur du premier andante, parsemé de moments fugaces quasi immatériels, lyrisme écorché de l’Allegro brusco, fluidité sidérale du 2e “ Andante, santé roborative du finale avant de se clore dans un climat planant.
D’emblée, elle impose une vision nouvelle de l’imposé. On a rarement entendu les traits virtuoses du violon s’intégrer aussi bien aux ricanements des instruments solistes de l’orchestre. Ce réel mimétisme relève pourtant davantage de la suscitation réciproque que de la convivialité mais la partition de Nenji en sort grandie.
Le concerto de Sibelius est un favori des concours parce qu’il a l’art de faire chanter le violon. Ce fut le cas avec cette finaliste qui le conduit avec une maestria implacable qui enflamme littéralement la longue progression du premier mouvement. Non sans, au passage, montrer dans la cadence, une intelligence fascinante du jeu polyphonique.
L’adagio parait un peu en retrait dans sa sobre grandeur. L’interprète n’esquive aucun piège du finale : elle les met plutôt en valeur comme les étapes d’une inexorable aventure qui fait mouche.