Reine Elisabeth : Esther Yoo, l’intelligence d’une épure austère

SERGE MARTIN

samedi 26 mai 2012, 22:15

La finale violon Esther Yoo (Etats-Unis, 17 ans) s’impose de bout en bout par le naturel de son jeu. Rien d’ostentatoire ici mais un efficace mélange d’élégance et d’implication qui réussit à nous entraîner au cœur des œuvres.

Reine Elisabeth : Esther Yoo, l’intelligence d’une épure austère

Esther Yoo © Belga

La sonate en fa majeur de Mendelssohn en bénéficie totalement et devient la parfaire réconciliation du style classique et de l’influx romantique qui caractérise ce compositeur : un « Allegro vivace » vif argent, franc et décidé, un « Adagio » qui distille un chant d’une sérénité épanouie, sobre et fin, profond et pur et, pourtant, toujours soutenu et ardent, un « Assai vivace » final perçu comme un tourbillon virevoltant de mouvement perpétuel.

Les choses se compliquent dans le concerto de Kenji où le son du violon est trop souvent couvert par l’orchestre. Quelques belles envolées passagères nous rappellent le savoir faire de la candidate sans que l’on sente chez elle l’implication qu’ont pu insuffler à cette partition pas toujours aisée à défendre un Bouchkov ou une Zhou.

On attendait bien sûr beaucoup du concerto de Beethoven. Il est racé, franc, construit dans une sobre éloquence et chante avec conviction, sans excès. C’est d’ailleurs un des points clés de cette candidate que de se refuser tout abandon. On retrouve cette même rigueur dans un « Larghetto » bâti dans le granit. Le rondo final est allant, sans précipitation, il chante avec justesse mais sans ce sourire que d’autres savent y déceler. L’ensemble de la prestation prend l’allure épure austère qui s’épanouit dans la dignité. Ce n’est pas d’un abord facile mais c’est défendu avec une telle classe que l’on succombe.