Reine Elisabeth : Tseng Yu-Chien, un instinct très sûr

SERGE MARTIN

dimanche 27 mai 2012, 00:46

La finale violon Tseng Yu-Chien (Taipei chinois, 17 ans) est un candidat redoutable par son assurance et ses moyens techniques.

Reine Elisabeth : Tseng Yu-Chien, un instinct très sûr

Tseng Yu-Chien © Belga

Dans Ravel, il ajuste habilement les climats : un « Allegretto » impliqué et impatient, un « Blues » qui se balance entre rythmique cadencée et glissades malicieuses, un « Perpetuum mobile » obsédant et emporté.

Ce concurrent tient par contre à rester sur sa réserve et ne cultive guère l'excès, ce qui le rend moins percutant dans l'imposé dont il faut bien admettre que ceux qui l'ont le mieux réussi sont ceux qui ont osé le saisir à bras le corps.

On pouvait s'attendre à ce que le concerto de Brahms de Tseng Yu-Chien échappe au piège de l'hiératisme. Il privilégie plutôt le lyrisme chaleureux et la retenue vivifiante. Dans l'« Allegro non troppo », la sonorité est superbe, l'approche variée, reposant sur une belle mobilité du discours. L'« Adagio » est somptueusement chantant. Fortement articulé, le finale développe une puissance enthousiaste. Une interprétation qui impose une incontestable carrure hors de toute lourdeur. À l'image d'un candidat sérieux doté de solides moyens.