Mimi Verderame, ce n'est pas du vent

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

mercredi 06 juin 2012, 12:13

Le quintet qui a enregistré l'excellent « Wind », sorti l'année passée, joue ce mercredi au Jacques Pelzer Jazz Club de Liège.

Mimi Verderame, ce n'est pas du vent

Mimi Verderame est au centre avec, de gauche à droite, Kurt Van Herck, Werner Lauscher, Carlo Nardozza et Nicola Andrioli © Jacky Lepage

Il y a un an, nous vantions le dernier album de Mimi Verderame, ce batteur-guitariste qui hante la scène jazz belge et européenne depuis déjà longtemps. Sur ce Wind, il s'est entouré de musiciens formidables : Kurt Van Herck au sax, Carlo Nardozza à la trompette, Nicolas Andrioli au piano et au Rhodes et Philippe Aerts à la contrebasse. Ce quintet swingue et groove comme au bon vieux temps du bop, mais avec un son et des improvisations résolument contemporains. Un an plus tard, on ne révise pas ce jugement : ce disque fut un des musts de 2011. Le quintet sera sur la scène du Jacques Pelzer's Jazz Club de Liège, avec un seul changement : Philippe Aerts, indisponible, est remplacé par l'excellent Werner Lauscher. L'occasion de bavarder avec Mimi Verderame.

A 53 ans, vous êtes à la fois très connu : vous jouez beaucoup, avec nombre de musiciens ; et inconnu : vous êtes très discret. C'est votre nature ?

Je ne suis pas très expansif. Mais je viens quand même de lancer mon site web. Il m'a fallu le temps… On y trouve des vidéos, des extraits de CD.

Votre première scène remonte à loin. Vous aviez 9 ans, dit-on ?

C'est vrai. Mon père jouait dans les bals. J'ai été sur les planches avec lui. Dans ma famille, tout le monde faisait de la musique. On habitait dans la même maison que mes grands-parents, il y avait une salle de répétition. Mon père jouait de la guitare. J'ai essayé de la batterie, de l'orgue, de la guitare.

Vous avez choisi la batterie.

C'est sans doute plus facile que la guitare quand on est petit. Mais j'ai fait de la guitare ensuite. J'ai touché de la basse, du piano. C'est la batterie qui m'a le plus intéressé, mais je fais de la guitare autant que de la batterie, tous les jours. Ce matin, j'ai déjà joué. Et tout à l'heure, on répète pour un nouveau morceau pour le Village Big Band que j'ai formé.

Vous êtes en concert le 6 juin au Jacques Pelzer Jazz Club. C'est un peu un retour aux sources : votre première scène jazz, c'était à 17 ans avec le saxophoniste Jacques Pelzer, non ?

J'ai en effet joué avec Jacques Pelzer. Pas énormément et quand il n'avait personne d'autre. J'avais en effet 16 ou 17 ans et j'étais en plein dans la fusion et le rock. J'ai eu de la chance de jouer avec Pelzer, j'ai appris beaucoup de choses. Il me disait : écoute Charlie Parker, écoute Art Blakey, écoute Elvin Jones. J'ai écouté…

Votre musique, sur « Wind », c'est du post-bop, du bop, du hard bop ?

Je suis très content de l'album, c'est un des meilleurs que j'ai enregistrés, dans une direction que j'aime bien et que je désirerais garder, avec des musiciens avec qui j'aime jouer. Quant à savoir ce que c'est… Je ne crois pas que ce soit bop. Il y a une structure jazz dans les accords et ça swingue, oui, mais… Le jazz est difficile à étiqueter. Je sais qu'on met des pancartes pour guider les gens. Mais c'est simplement la musique que j'écris, c'est un mélange et on peut certainement y retrouver du hard bop, du be-bop et peut-être même du dixieland.

Votre quintet fonctionne à merveille, on le verra à Liège. Mais c'est votre duo de souffleurs, Kurt Van Herck et Carlo Nardozza, qui attire surtout l'attention.

Ils fonctionnent bien ensemble. Trompette et saxophone, c'est comme contrebasse et batterie, il faut que ça clope, que ça marche tout seul. Et ici, ça a marché tout de suite. C'est l'avantage de jouer avec des musiciens à qui je n'ai pas besoin d'expliquer quoi que ce soit : ils comprennent ce que je veux.

Vous avez composé quatre des sept morceaux de l'album. Ce n'est pas fréquent un batteur qui compose.

En effet, mais il y en a. Moi je compose beaucoup à la guitare. Mais c'est souvent à la batterie que je cherche des choses qui m'inspirent rythmiquement, alors je lâche la batterie pour la guitare, je trouve une mélodie, je la mets sur l'ordi, je fais une ligne de basse, puis je me remets à la batterie.

Vous êtes souvent sideman. Ici vous êtes leader. Etes-vous un boss directif ?

Pas trop. Les leaders directifs sont ceux qui n'ont pas choisi les bons musiciens. Je respecte les façons de faire, les sons de chacun. Et puis, c'est ça le jazz, laisser des espaces de liberté.

Le Mimi Verderame Quintet, mercredi 6 juin, 21 h ; Jacques Pelzer Jazz Club, boulevard Ernest Solvay, 493 à 4000 Liège ; 04-227. 12. 55 ; www.jacquespelzerjazzclub.com