Le Jazz pétillant de Thomas Champagne

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

mercredi 20 juin 2012, 12:34

Entretien Thomas Champagne joue avec son trio, ses Sidewinders et Utz cette semaine. Trois groupes, trois couleurs.

Le Jazz pétillant de Thomas Champagne

Le Thomas Champagne Trio : Didier Van Uytvanck, Nicholas Yates et Thomas Champagne © Yannick Sas

Que son saxophone joue en trio, en quintet ou en septet, il distille des bulles de plaisir. A bientôt 34 ans, Thomas va bientôt sortir deux CD, l'un avec son quintet Sidewinders, l'autre avec son septet Utz. Et un deuxième avec son trio, après l'excellent Charon's Boat de 2008 ? « J'aimerais bien, répond-il, peut-être en 2013. »

Repères

Les Sidewinders jouent au Jacques Pelzer Jazz Club, à Liège, le mercredi 20 à 21 h ; et au Jazz Jette June le vendredi 22 à 17 h 30, place Laneau et là c'est gratuit.

Le Thomas Champagne Trio joue au Jazz Jette June le vendredi 22 à 21 h, au Café Baudouin. Utz joue pour la Fête de la musique, le dimanche 24 à 16 h au Carré de Moscou, à St-Gilles.

www.jazzjettejune.be

www.thomaschampagne.be

www.myspace.com/bandthesidewinders

www.mUTZik.com

Pourquoi le jazz ?

Quand j'étais gosse, je voulais soit un sax soit une batterie. J'ai choisi le sax. Et le sax mène vite au jazz.

Vous portez trois projets : le trio, Sidewinders et Utz. Vous devez vous multiplier ?

D'abord, avoir plusieurs groupes permet de changer de couleurs, de passer du jazz moderne du trio au hard bop des Sidewinders et à la pop rock brésilienne de Utz. Et puis, c'est pratique pour le business de pouvoir proposer plusieurs projets.

Le trio avec Nicholas Yates et Didier Van Uytvanck a déjà 11 ans.

En effet. Et notre CD a déjà trois ans. Aujourd'hui, on n'en joue plus qu'un seul morceau. Nous sommes en constante évolution. D'ailleurs, on se transforme petit à petit en quartet, avec Lorenzo Di Maio à la guitare.

Vous aviez choisi au départ un trio sax-basse-batterie, sans instrument harmonique.

C'est le canevas qu'on voulait. Ça nous permet de prendre des libertés avec la grille harmonique, ce qui n'est pas permis quand il y a un piano. Et puis j'aime bien me mettre en danger. Sans les accords, il n'y a que la ligne de basse et ça me permet de voyager plus aisément.

En fait, le jazz du trio est plus free que bop, non ?

Je me sens free, en effet, j'aime cette liberté qui me permet de jouer ouvert. Mais je ne me laisse pas aller à des morceaux complètement wow !

Vous utilisez des mesures impaires : 7, 9, 11. Pour complexifier ?

Non. On a beaucoup écouté Dave Holland, ses lignes de basse tournent. Je ne fais pas de phrases à la Steve Coleman où le propos est désarticulé, je suis lyrique avec des métriques différentes. Ce n'est pas le plaisir de la difficulté, mais les mesures composées font moins autoroute que le 4/4.

Avec les Sidewinders, vous vous amusez ?

Il y a un côté ludique, c'est vrai. Avec Michel Paré, Eve Beuvens, Nicholas Yates et Toon van Dionant, on joue du hard bop. Beaucoup de Lee Morgan, Hank Mobley, Wayne Shorter du début des années 60. C'est une musique sautillante, pleine d'énergie. C'est plus festif, plus grand public que le trio. On a un réservoir de compositions peu connues, accrocheuses et jamais kitsch.

Vous allez enregistrer un CD de vieux morceaux : cela vaut-il la peine ?

Grande question. On n'a pas la prétention de faire du Lee Morgan ou du Wayne Shorter, on vient avec 50 ans de retard. Mais on peut le faire différemment, on peut innover dans un canevas existant. Mais finalement, je crois qu'il faut jouer la musique qu'on aime.

Et Utz ?

C'est une bande d'amis. Un chanteur brésilien, Renato Baccarat, une basse, une batterie et quatre souffleurs, dont moi. On fait une musique festive, de couleur brésilienne à filiation pop rock avec les souffleurs qui donnent une ambiance plus jazz. Et on s'amuse vraiment beaucoup.