Gent Jazz s'ouvre à toutes les musiques, si elles sont intègres

JEAN-CLAUDE VANTROYEN

mercredi 04 juillet 2012, 14:53

Chaque année, le Festival de jazz de Gand surprend. 2012 ne déroge pas à la règle. L'affiche est tout bonnement incroyable. Du vétéran Jim Hall à la jeune Melody Gardot, de la star Wayne Shorter au jeune Belge de New York Robin Verheyen, de Brad Mehldau, Joshua Redman ou Joe Lovano à Antony and the Johnsons, Tindersticks ou Monty Alexander.

Gent Jazz s'ouvre à toutes les musiques, si elles sont intègres

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Pratique

Gent Jazz Festival Du 5 au 14 juillet De Bijloke, Godshuizenlaan Chaque journée 45 euros sur place, sauf le 5 (50 euros) et le 11 (55). Pass 3 jours : 92 euros en prévente. Pass complet : 240 euros. www.gentjazz.com

« En partie, cette programmation est le reflet de nos désirs, des nouveaux projets des artistes et de l'actualité du disque et des tournées, explique Bertrand Flamang, directeur de Gent Jazz. Et puis, nous avons une histoire commune avec des artistes comme Melody Gardot, qui vient pour la troisième fois chez nous. Cette programmation, c'est le mixte du rêve et des opportunités. »

C'est déjà la 11e édition du Gent Jazz et la musique y est comme d'habitude ouverte à tous les courants. « Le public que nous voulons attirer s'attend à des projets larges et ouverts. Notre public est assez jeune : une moyenne de 35 ans, alors que celui d'un concert de musique classique, c'est 62 ans. Il est important donc de programmer aussi des musiques jeunes. C'est comme ça que nous attirons de nouveaux fidèles. Mais nous ne voulons pas n'importe quoi. La musique doit être d'une grande intégrité. »

Sa fierté, pour cette édition 2012 ? Bertrand Flamang renâcle un peu, puis se lance. « Personnellement, c'est Wayne Shorter que j'attends. C'est la troisième fois qu'il vient ici, mais ce n'est jamais la même chose. Il réussit à chaque fois à avoir un autre regard, une autre vision. On ne peut pas prévoir le concert qu'il va prester. Mais on n'est jamais déçu. »

Il ajoute aussi le duo Jim Hall – Scott Colley : guitare et contrebasse. « J'adore les duos, murmure-t-il. Et celui-ci me touche vraiment. » Nos coups de coeur

Jim Hall & Scott Colley Duo Vendredi 6 juillet à 22 h 30

Sur la photo, ils sont trois. Mais oubliez le batteur Joey Baron : il ne pourra être là vendredi, mais il sera bien sur scène samedi avec Dave Douglas et Joe Lovano. Jim Hall a 81 ans et son jeu de guitare est toujours aussi bon, lyrique sans effusion, racé sans emphase. Scott Colley est un contrebassiste que les artistes s'arrachent. Jim et Scott font preuve en duo d'une belle complicité qui se traduit par un jazz d'une finesse et d'une élégance superbes.

Wayne Shorter Quartet Samedi 7 juillet à 22 h 30

Une légende du jazz, Wayne Shorter. Il est pour la troisième fois à Gand, et ça fait la fierté de son directeur Bertrand Flamang. Et il n'a jamais déçu, se renouvelant sans cesse, cherchant toujours de nouveaux paysages musicaux. L'ancien sax de Miles Davis est ici accompagné d'un trio d'enfer : Danilo Perez au piano, Jorge Rossy (qui a joué avec Brad Mehldau) à la batterie et John Pattitucci à la contrebasse.

Melody Gardot Dimanche 8 juillet à 22 h 30

Troisième concert au Gent Jazz. Le meilleur ? Surprise. Mais la chanteuse US est auréolée du succès de son dernier album, The Absence, où elle produit une musique venue de ses voyages au Maroc, au Portugal, au Brésil, en Argentine. Sa voix fragile, quasi vulnérable, ajoute à la séduction de cette grande blonde de 27 ans, qui s'est mise à la musique comme une thérapie après un accident où elle a failli perdre la vie.