Madonna braque le Heysel

JULIE HUON

jeudi 12 juillet 2012, 23:28

Mise en scène théâtrale pour le concert de La Madone au stade Roi Baudouin. Relookée jusqu'au bout des ongles, Madonna boit au goulot, fait du pole dance et enchaîne les tubes.

Madonna braque le Heysel

Madonna au Heysel, © Alain Dewez - Le Soir

Dieux de l'electro, priez pour nous. La Madone est descendue sur Bruxelles. Sur fond de cloches d'église, sous le balancement d'un encensoir géant, the Queen of the pop s'est livrée en pâture à un stade Roi Baudouin aux 3/4 rempli (près de 40.000 personnes quand même).

Avec ses mitaines noires, la croix qui danse entre ses seins bombés, ses cheveux longs et blonds relevés en coque sur son crâne, elle danse au milieu de types torse nu sous leur cape de cardinaux. Puis elle pointe un petit pistolet de cowboy vers la foule. Entourée de vilaines filles cagoulées et armées de AK-47, elle est fidèle au titre phare de son album, « girl gone wild », morceau par lequel elle entame la soirée.

Revolver, Gang Bang, petit flash back avec Papa don't preach, ah son époque Jean Seberg, cheveux courts et pull marin.

Plus de vingt ans après, pour la tournée mondiale de ce 12e album, Louise Ciccone soigne toujours son look. Sur scène, ce soir, elle changera sept fois de tenue (ses danseurs, 15 fois). Toute la bande, les choristes, les musiciens, les 22 danseurs, c'est 700 paires de chaussures et des signatures fashion comme Prada, Jeremy Scott, Alexander Wang, Dolce & Gabbana et, pour la reine de la pop herself, mister Jean-Paul Gaultier.

Le couturier français lui a fait « un corset clin d'œil au corset iconique du Blond Ambition Tour, mais réinterprété en 3D, en cuir vernis à l'extérieur et en cuir métallique à l'intérieur ».

Mais bon, la chanteuse la plus riche du monde ne fait pas que poser. Elle chante et danse aussi. Et plutôt bien pour ses 53 ans. Mélangeant au fil de la soirée, morceaux issus de ce très moyen dernier album électro et d'anciens tubes qui déchaînent les fans, elle fait se côtoyer Give me all your luvin, Vogue et Celebration. Madonna avait pleuré sur scène à Berlin. Ici, au Heysel, des inconditionnelles pleurent dans le public.

Madonna, son étrange petite voix métallique, nous rejoue dans cette grande parodie de la foi catholique, un extrait de L'Exorciste sur son lit de petite fille et fond de mur ensanglanté. Elle se bat, boit au goulot, fait du pole dance, bute un méchant. On sait pas trop quel film on est venu voir, un rien lourd, un chouia vulgos, et dont la bande-son manque un peu de spontanéité, de simplicité. De ce truc qu'on fait généralement dans les concerts. Comment déjà ? Ah oui : Bonsoir Bruxelles !

Mais indépendamment de ça, sur scène, la quinqua qui ne donne jamais d'interview a l'air l'une gamine, gratte sa guitare, parvient à secouer le stade, toutes mains levées, virevolte en costume de majorette sans friser le ridicule. C'est ça qui est fort avec Madonna. Même quand elle fait de mauvais albums, cette Desperately rocking Baby, depuis 30 ans, c'est toujours un plaisir de la revoir. Même sous la pluie.