« Je vais devoir être drôle ! »

AGNES GORISSEN

lundi 30 avril 2012, 10:26

Il a loué la salle à ses frais et s'est donné 50 jours pour la remplir. Particularité : les 2.000 places sont proposées via internet et les réseaux sociaux. Il reste 602 places.

ENTRETIEN

Le 2e Brussels Comedy Festival, c’est parti

Deux événements ont déjà lancé ce week-end la 2e édition du Brussels Comedy Festival qui s'achèvera donc lundi prochain par le spectacle de Dan Gagnon (lire ci-contre) : l'inauguration du comedy-club des Kings of Comedy à Ixelles vendredi et le gala d'ouverture relayé en streaming par la RTBF dimanche soir. A compter de ce lundi, quatre doubles soirées sont prévues au Théâtre 140, toutes composées de noms découverts à la radio et à la télé : Vérino et Constance révélés dans On n'demande qu'à en rire (lundi), Claudia Tagbo de l'équipe d'Arthur et le « stand-upper » le Comte de Bouderbala (mardi), Kody des Enfants de chœur et Eric Antoine produit par Vincent Taloche (mercredi), Jérôme de Warzée (VivaCité) et Walter, embauché par Drucker (jeudi). Plus éclectique encore, le festival proposera ensuite la pièce La vie c'est comme un arbre vendredi, le Comic out de Brigitte et Josiane (Secret Story) samedi et le phénomène Max Boublil dimanche.

www.brusselscomedyfestival.com

Une semaine. Et 602 places encore à saisir. Voilà le bilan de l'opération un peu folle lancée par Dan Gagnon il y a six semaines : le Québécois a loué le Cirque royal pour la soirée du 7 mai et fait le pari, pour rentrer dans ses frais, de remplir la salle pour son spectacle de stand-up juste en misant sur internet et les réseaux sociaux. Un sacré défi pour un jeune gars bien connu dans le monde des médias (il a été producteur et animateur de la tranche matinale de NRJ et est chroniqueur dans l'émission Sans chichis) mais pas forcément du grand public – le Cirque royal, c'est 2.000 places… A une semaine de l'échéance, on fait le point avec lui.

Pour les 602 places encore à vendre, vous comptez sur les retardataires, ceux qui s'y prennent à la dernière minute ?

Oui ! Déjà la semaine dernière, on a vendu une centaine de places en 24 heures. Et comme j'ai voulu que l'entrée soit la moins chère possible (10 euros), je sais qu'il y a des groupes qui sont en train de s'organiser pour venir, mais il faut du temps pour avoir la réponse de tout le monde dans un groupe. L'idéal, ce serait que le nombre de billets restants diminue très vite, comme ça les gens se précipiteraient pour acheter les dernières places !

Le buzz que votre initiative a suscité est assez incroyable : vous êtes passé partout en télé !

Je suis le seul gars dans l'histoire de la télé belge à être passé dans Cinquante degrés nord et La tribune pour le même projet ! Je souhaitais une répercussion dans la presse, bien sûr, et je pensais que les réseaux sociaux allaient provoquer un premier bruit puis qu'on me proposerait quelques passages en radio. Mais je ne m'attendais pas à autant de promo. Maintenant, les gens se disent : « Le con, il va peut-être y arriver. » Il va falloir que je sois drôle le 7 mai !

Justement, la question que tout le monde se pose, c'est : qu'y aura-t-il dans ce spectacle ?

Je vais surtout parler de moi dans ce stand-up. Ça peut avoir l'air prétentieux, mais si en 29 ans de vie, je ne trouve pas une heure de choses à raconter… Ce sera sur ce que fout un Québécois ici, comment j'ai rencontré ma copine, pourquoi l'accent québécois disparaît quand on chante…

Rien sur ce pari fou ?

En intro seulement. Et je remercierai les gens à la fin – j'espère qu'ils auront le sentiment d'avoir participé à quelque chose. De toute façon, une fille m'a dit sur Twitter que si elle ne me trouvait pas drôle, elle brûlerait ma maison. J'espère qu'elle attendra que je sois attaché au sofa et que je me sois aspergé d'essence… Sérieusement, réussir, c'est échouer jusqu'à ce que tu arrêtes d'échouer. Si je me plante, je m'excuserai mais je continuerai à faire de la comédie parce que c'est ce dont j'ai envie. Je veux arriver à un succès, comme on arrive à faire du vélo sans les petites roues. Mais je veux être original et pas enchaîner les petites salles comme tout le monde. Il y a moins de honte à se planter en escaladant l'Everest que les trois marches dans la cour.

Passer uniquement par internet et les réseaux sociaux, ce n'est pas se couper d'un public ?

Si, mais ce n'est pas grave, c'est un début. Ceux qui seront là vont en parler à d'autres, c'est un orteil dans la porte. Je préfère une audience spécifique qui est enthousiaste à une audience générale qui s'en fout. Il y a d'autres humoristes pour ceux qui ne me trouvent pas drôle.

www.2000places.be