« Danser avec les nourrissons, un jeu d'enfant »

CATHERINE MAKEREEL

mercredi 09 mai 2012, 11:49

Lors du festival « L'art et les tout-petits », la Montagne Magique accueille un colloque intitulé « L'art et les tout-petits à l'hôpital » proposé par Le Pont des Arts, collectif d'artistes promenant leur art à l'hôpital, particulièrement en pédiatrie. Parmi les intervenants – pédopsychiatre, néonatologiste, artiste – on retrouvera Johanne Charlebois, danseuse et chorégraphe d'origine canadienne, animatrice d'ateliers à la Crèche en Couleurs à Forest. « Je suis issue du monde de la performance : j'ai dansé sur les toits ou dans des appartements, et j'ai toujours été intéressée par le spectacle hors du contexte de la scène », précise celle qui a beaucoup travaillé en milieu scolaire. A la Crèche en Couleurs, elle ne met pas en place des ateliers obligatoires : elle débarque avec une petite performance, qui attire peu à peu les enfants, et entame seulement ensuite un atelier avec ces enfants. « Dès 18 mois, ils sont porteurs de créativité. On explore les appuis, par mimétisme, en travaillant à deux. Les mouvements naissent d'eux. On travaille le rythme, la musique et le mouvement en même temps. Avec les nourrissons, on travaille à partir de comptines. Par exemple, on fait danser les doigts sur leur corps. On manipule des objets dans l'espace comme un prolongement de leur corps puis l'enfant s'approprie l'objet. »

Parce que le nourrisson est une véritable éponge, prompt au mimétisme, l'interaction est immédiate avec le danseur. « A l'hôpital, j'ai vu une danseuse du Pont des Arts se mettre à danser devant un enfant de six mois assis sur les genoux de sa mère, et l'enfant s'est mis à bouger avec la danseuse. » Parce que la danse est en soi une parenthèse, une respiration, dans nos vies quotidiennes, sa présence est d'autant plus précieuse à l'hôpital. « Bien sûr, il faut se mettre en adéquation avec la situation. Par exemple, si l'enfant est très en souffrance, on ne cherchera sans doute pas le contact physique, mais on créera plutôt un univers poétique autour de lui. En crèche aussi, il faut s'adapter aux enfants, calmer ou dynamiser ceux qui en ont besoin. » Les bénéfices de la danse auprès des bébés sont innombrables, à commencer par l'influx psychomoteur. « Trouver l'axe de sa colonne vertébrale, la tenue de son corps, les inclinaisons et les torsions quand il commence à regarder autour de lui, à se mettre sur le dos, sur le ventre, tout cela existe dans la danse. Mais on crée aussi un espace de poésie. Si l'enfant fait face à quelque chose de féerique, beau, lumineux, il y a un plaisir immédiat. »