Le comédien Jacques Viala s’est éteint

CATHERINE MAKEREEL

jeudi 12 juillet 2012, 16:34

Jacques Viala s’est éteint en laissant derrière lui une carrière fournie sur les planches belges.

On apprenait ce jeudi le décès de Jacques Viala, des suites d’un cancer fulgurant. Le comédien, que l’on applaudissait encore cette saison dans « Démocratie » de Michael Frayn, s’est éteint en laissant derrière lui une carrière fournie sur les planches belges.

Une Belgique où il a atterri dans des conditions rocambolesques. Né en France en 1945, il grandit dans le quartier de Pigalle avec des potes d’enfance comme Johnny Hallyday et Fabrice Luchini et apprend le métier de comédien sur le tas. En Mai 68, agitateur recherché par la police, il fuit à Bruxelles où il décide de reprendre ses études.

« Il a fait le Conservatoire à 30 ans », explique son ami Eric De Staercke, avec qui il a réalisé plusieurs projets dont Le propre de l’homme ou encore Coco Parachute. « Ses collègues d’alors, Pierre Laroche ou Claude Etienne, sont devenus ses profs. Il avait une soif insatiable de perfection, de formation. Il était capable de tout arrêter pendant un an simplement pour avoir le temps de lire. De la même manière, il a commencé la Ligue d’impro à 45 ans parce qu’il trouvait que le théâtre s’embourbait. »

Jacques Viala a tout joué (Shakespeare, Tchékhov, Artaud, Piandello) et partout (National, Parc, Rideau, Poche). Mais l’homme aux lunettes rondes, aux yeux doux et au charisme discret était aussi passionné par la mise en scène et l’écriture. En 1993, il a reçu le Grand Prix de l’Union des Artistes et le Prix SACD pour sa pièce La course du Spermatozoïde.