Des images plein les yeux au théâtre

STAGIAIRE

lundi 30 juillet 2012, 11:23

Le vidéaste travaille main dans la main avec le metteur en scène. Son travail est complexe et soumis à des contraintes matérielles. Cependant, l'évolution de la société a facilité cette pratique.

Des images plein les yeux au théâtre

Pierre Megos joue dans un décor de Hollywood au théâtre Des décors à échelle réelle sont filmés en studio et diffusés derrière l’acteur sur scène © Hichem Dahes

Un écran au fond de la scène, un sol qui devient liquide, des visages qui apparaissent au-dessus des acteurs… La vidéo est entrée dans le théâtre. Évolution qui suit la logique d'une société de l'image omniprésente. La présence de la vidéo ne révolutionne pas la pratique théâtrale mais s'inscrit comme un nouvel outil mis en place pour servir un art.

Le vidéaste dispose d'une place à part entière au sein de l'équipe artistique des théâtres. Marginal dans ce cercle il y a dix ans, le créateur d'images est à présent souvent considéré comme le bras droit du metteur en scène avec qui il construit la scénographie du spectacle. Tous les vidéastes rencontrés mettent un point d'honneur à ce travail d'équipe avec notamment l'éclairagiste, l'ingénieur du son et les acteurs. Le metteur en scène demande souvent la présence des différents membres de l'équipe dès le début du processus de préparation du spectacle. C'est un véritable ping-pong qui s'opère entre eux. Tous les nez doivent pointer dans la même direction.

La vidéo en tant que média sert donc l'œuvre bien que tout ne soit pas réalisable non plus au théâtre. La vidéo n'est pas la panacée. Ce n'est pas un film qui est projeté derrière une scène humaine. Le vidéaste doit pouvoir adapter son travail à l'espace dont il dispose et aux jeux des acteurs. Et vice versa, le metteur en scène doit être conscient des limites du média. Certains vidéastes reprochent aux metteurs en scène de ne pas comprendre les contraintes auxquelles ils sont confrontés. « La vidéo est tellement accessible aujourd'hui qu'ils estiment que l'on peut tout faire, comme dans un film. Sauf qu'au cinéma, ils sont une dizaine à travailler sur un projet. Au théâtre, on est en général seul. On doit être créatif avec moins de moyens », explique Kurt D'Haeseleer, vidéaste belge.

Cela dit, le matériel se démocratise et même les petites productions peuvent accéder à la vidéo. Les temps changent et c'est tant mieux. « Il y a quelques années, on n'envisageait pas d'accorder des budgets pour la vidéo », poursuit-il. Aujourd'hui oui. Les caméras, les logiciels de montage sont plus accessibles, ce qui fait rentrer la vidéo partout, quand on le souhaite, dans le théâtre.

Les images sortent des écrans de la télévision et du cinéma et créent une nouvelle dimension. En dehors de ces boîtes, l'avenir s'avère radieux pour les praticiens de la vidéo.