La liberté d'expression a aussi des limites.

Philippe Markiewicz Ancien président du CCOJB (2001-2007)

vendredi 01 octobre 2010, 09:59

J'ai lu le texte de Monsieur Olivier Mukuna, auteur d'un film concernant l'humoriste controversé Dieudonné, paru dans le soir de ce 29/09/2010. Si je suis son raisonnement, le Professeur Maurice Sosnowski, actuel président du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), est un terroriste qui menace notre société. Semblable affirmation me fait sourire tant elle est ridicule. Peut-on reprocher à quiconque, et en particulier à Maurice Sosnowski, fils d'un rescapé d'Auschwitz, d'être choqué lorsqu'il entend Dieudonné traiter les juifs de chiens ? Evidemment, non ! Dans une démocratie éclairée, système qu'il faut préserver aujourd'hui plus que jamais, la liberté d'expression a ses limites. Prétendre le contraire est dangereux pour nous-mêmes et plus encore pour nos enfants. Israël n'a rien à voir avec cette problématique et le sionisme encore moins. Pour ma part, je suis un citoyen belge, fier de l'être. Je suis de religion juive mais de conception laïque dans la vie publique. Je n'ai, par ailleurs, pas la moindre envie de m'installer en Israël. Ce pays a droit, comme tout autre, à la sécurité. Il n'est pas le mien et ce, même si je revendique un lien affectif tout particulier avec lui, lié à des traditions ancestrales millénaires. Espérons d'ailleurs que demain, un état palestinien démocratique et viable voit le jour à côté de l'état d'Israël, dans un climat de paix et de respect mutuel comme au bon vieux temps de notre Union Européenne. Enfin, je tiens à rappeler qu'il est du devoir d'un président éclairé du CCOJB de veiller à développer un climat harmonieux entre toutes les communautés religieuses ou philosophiques du pays, quelle que soit leur appartenance linguistique. Dans cette optique, il prônera en priorité le dialogue et la modération face aux excès d'où qu'ils viennent. Maurice Sosnowski n'a pas d'autre but, quoiqu'en pensent certains.