«L’Union européenne n’est pas une option, mais une nécessité»

Georges Vlandas

mardi 08 novembre 2011, 16:52

L’Europe est une nécessité, mais elle a besoin d’une fonction publique compétente, indépendante et permanente. Carte blanche de la plate-forme « Europe solidaire, Citoyens gagnants ».

«L’Union européenne n’est pas une option, mais une nécessité»

©AP

Nous, le personnel des Institutions européennes ne comprenons pas la polémique lancée par les médias belges, contre la fonction publique européenne.

Alors que de fortes turbulences politico-financières risquent de démanteler la construction européenne, la nécessité de plus d’Europe s’impose à tous et le pilotage européen attendu pour défendre l’intérêt général de l’Union requiert une fonction publique compétente, permanente et indépendante.

Si la rémunération des commissaires, députés et fonctionnaires européens pose question, il nous importe d’apporter des réponses factuelles et de donner aux lecteurs les éléments pour mieux saisir les enjeux du projet européen.

Travailler auprès des Institutions européennes signifie participer à la construction d’une Union qui rassemble aujourd’hui 27 États et plus de 500 millions de citoyens. Cette Union est la plus grande révolution pacifique jamais vue. Faire fonctionner cet espace de paix, de prospérité et de solidarité, tel est l’enjeu du projet européen et la mission de la fonction publique européenne.

Des faits des chiffres et des comparaisons

Le coût de la fonction publique européenne représente une part minime du budget UE (5 %), dont la moitié pour les salaires (2.6 %). Ces pourcentages, très inférieurs à ceux des administrations municipales, régionales et nationales, correspondent à une bonne performance budgétaire et technique.

La fonction publique européenne reste une petite administration, inférieure à celle d’une ville comme Paris (plus de 40.000 titulaires). De plus, on y travaille en 23 langues.

Comme les entreprises employant de la main-d’œuvre internationale ou comme toute autre institution internationale ou mission diplomatique, les institutions européennes doivent offrir des conditions attractives pour compenser les inconvénients de l’expatriation (éloignement de la famille, perte d’emploi du conjoint, etc), ce qui explique un niveau de salaire plus élevé que dans les fonctions publiques nationales, mais comparable à celui des fonctionnaires des autres organismes internationaux ou des fonctionnaires nationaux en poste à l’étranger.

Nos salaires sont totalement transparents publiés dans le Journal officiel de l’UE. Pas d’avantages en nature : ni voiture de fonction, ni tickets restaurants, pas de 13ième mois ni de pécule de vacance, etc. contrairement à d’autres systèmes de rémunération.

Le choix initial d’une fonction publique indépendante, recrutée par concours constitue une garantie d’objectivité et de capacité de résistance aux pressions des lobbies, professionnels ou nationaux, qui souhaitent infléchir les décisions prises au niveau communautaire.

Depuis 2004, des réformes du service public européen se succèdent avec un objectif affiché d’améliorer les performances et réaliser des économies.

Les résultats obtenus sont mitigés : réduction des effectifs, précarité accrue, le travail auprès des institutions européennes devient de moins en moins attractif. Il est désormais difficile de recruter des ressortissants qualifiés des États à haut niveau salarial. Ces déséquilibres géographiques menacent l’indépendance et la compétence du service public européen à un moment où il faudrait justement les renforcer.

Nous regrettons que certains médias contribuent à cette campagne visant à affaiblir la fonction publique européenne et créent un climat de rejet à l’égard d’une partie de la population de Bruxelles. Il revient aux médias d’expliquer pourquoi l’Union européenne n’est pas une option, mais une nécessité. Aucun État membre, petit ou grand soit-il, ne peut faire face seul aux défis actuels d’une mondialisation sauvage et de crises financières sciemment non contrôlées. C’est dans une Union européenne fidèle aux principes fondateurs, notamment celui de la solidarité, que les réponses seront trouvées pour sauvegarder notre modèle social.

Enfin, plusieurs études indépendantes sur l’impact global des institutions européennes ont bien montré l’importance des créations de valeur ajoutée et d’emplois, non seulement sur la région Bruxelles-capitale, mais sur le pays tout entier : les frais de fonctionnement des institutions stimulent l’économie locale, et le personnel des communautés, les pensionnés (70 % continuent à résider en Belgique après leur cessation d’activité) et ceux qui occupent des emplois induits (où la proportion de personnel belge constitue la grande majorité) dépensent en Belgique la plus grande partie de leurs revenus.

La Plate-forme « Europe solidaire, Citoyens gagnants » Signez la pétition sur notre site (www.europe-solidarity.eu) :