Climat : nous n'avons pas de temps à perdre
mardi 27 mars 2012, 09:22
mardi 27 mars 2012, 09:22
La communauté scientifique est quasi-unanime, les experts du GIEC le soutiennent à l'unisson : le climat planétaire se réchauffe et l'activité humaine en est la cause. Cette situation est maintenant reconnue par l'OCDE et de nombreuses autres institutions internationales. Les derniers résultats du GIEC confirment la nécessité de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'au moins 50% dans les quarante prochaines années, faute de quoi les générations futures subiront des conséquences désastreuses en termes environnementaux, humains, sanitaires, financiers. La population mondiale ne cesse de croître et un nombre important d'êtres humains sont déjà, et seront de plus en plus, exposés à des tragédies liées au changement climatique.
Il reste pourtant quelques individus, les « climato-sceptiques », persistant à soutenir, en dépit des évidences apportées par la communauté scientifique, que le climat ne connaît aucune évolution alarmante. Et que l'augmentation de la température du globe, ou encore des phénomènes climatiques extrêmes (ouragans inhabituels, périodes de pluies dévastatrices ou journées de canicule) et la réduction de la couverture glaciaire ne sont que des variations naturelles, dues notamment aux éruptions solaires.
En démocratie, chaque citoyen dispose de la liberté de penser ce qu'il veut. Dès lors qu'il ne cause de tort à personne, chacun est libre de soutenir que la Terre est plate, que les dinosaures n'ont jamais existé et que le climat planétaire ne se réchauffe pas. C'est sans doute au nom, précisément, de cette liberté intellectuelle dont notre pays s'honore, que le président de la Chambre des représentants a invité ces « climato-sceptiques » à faire entendre leur thèse devant une commission.
Le débat démocratique est fondamental, nos parlementaires doivent pouvoir entendre l'expression de toutes les sensibilités, de toutes les opinions. Mais ce débat-ci a déjà eu lieu, le thème a été clarifié de longue date et le GIEC, tout comme de nombreuses autres institutions internationales, continuent à préciser le niveau du réchauffement qui nous attend et ses implications, ainsi que les moyens existants pour le limiter et s'y adapter. Toutes nos énergies, tout notre savoir, et notre souci constant, doivent aller aujourd'hui vers la résolution du problème climatique, ou du moins vers l'atténuation de son impact, puisqu'il est entendu que le processus du réchauffement ne pourra plus être évité. Nous devons travailler sans relâche à faire en sorte que les Etats, les entreprises, les particuliers, réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, tout en encourageant une dynamique économique positive et en nous protégeant de l'augmentation des coûts des sources d'énergie fossiles. Nous devons faire de cette problématique une priorité universelle, sinon la Terre se chargera de le faire pour nous dans des conditions autrement plus dramatiques.
Ce débat peut donner à émouvoir ou à réfléchir : certains citoyens ont de la peine à entendre ces climatologues ou ces écologistes convaincus perçus comme « donneurs de leçons », d'autres contestent la validité de certains chiffres, et la complexité des effets, des conséquences et des solutions empêche parfois une lecture claire et univoque des enjeux. Il est important de rappeler aux citoyens la force des bases scientifiques existantes et d'assurer la compréhension et l'adhésion de tous vis-à-vis de ces enjeux. Mais ces tergiversations marginales ne doivent surtout pas nous détourner de l'essentiel : nous devons agir, aujourd'hui, avec détermination. Et ne pas nous laisser retarder dans ce travail immense et urgent. Nous n'avons pas de temps à perdre, le coût de l'inaction est bien trop élevé.
André Berger, Professeur émérite (UCL), Membre de l'Académie Royale de Belgique, Isabelle Callens, chargée de cours (UCL) Philippe de Woot, Professeur émérite (UCL), Membre de l'Académie Royale de Belgique, Etienne de Callataÿ, chief economist Banque Degroof Xavier Deutsch, écrivain, Marion Hänsel, cinéaste, Marek Hudon, Professeur à la Solvay Brussels School (ULB), Olivier Lefebvre, ancien président d'Euronext Brussels Philippe Maystadt, President honoraire de la BEI, president de l'European Policy Center Laurent Minguet, président du cluster TWEED Pierre Mottet, IBA, administrateur d'Agoria Pierre Ozer, Département des Sciences et Gestion de l'Environnement (ULg) Frank Pattyn, glaciologue et professeur à l'ULB André Sapir, professeur d'économie à l'ULB Philippe Toint, professeur aux FUNDP Henry Tulkens Professeur émérite et chercheur au CORE (UCL), Sybille van den Hove, directrice, Median (Barcelone) Pascal Vermeulen, Climact Vincent Wertz, prorecteur à l'enseignement et à la formation de l'UCL