RIO+20 : oui à une relance durable au service des travailleurs

jeudi 21 juin 2012, 13:58

Anne Demelenne Secrétaire générale de la FGTB

LLa FGTB a assisté, avec quatre cents autres représentants syndicaux (des 175 millions d’affiliés de la Confédération syndicale internationale), à la seconde Assemblée syndicale internationale « Syndicat et Environnement » ainsi qu’aux dernières négociations préparatoires qui ont précédé le Sommet des Nations Unies sur le Développement durable.

Les conclusions syndicales sont unanimes. Le modèle économique actuel est épuisé. Il est injuste sur le plan social et non-viable sur le plan environnemental. Neuf cents millions de travailleurs sont dans des emplois précaires. Et ils sont 75 % à ne pas avoir de protection sociale. Pendant ce temps, les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter, rendant les conséquences des changements climatiques de moins en moins contrôlables. La logique surconsumériste ne fait qu’accroître les inégalités, détruit les ressources naturelles, épuise les matières premières et les travailleurs.

Pour les forces syndicales, Rio+20 doit être l’occasion de rendre l’espoir. L’espoir dans un projet de vie commun basé sur la solidarité, les droits de l’homme et des travailleurs, la démocratie économique et la juste redistribution des richesses.

Et l’austérité n’est pas la solution ; elle constitue les œillères d’un système néolibéral qui nous contraint à regarder dans une seule direction : celle du capitalisme débridé.

Pour le monde du travail, la réponse passe par une Relance durable qui intègre les trois piliers de la société : la justice sociale (comme finalité), l’économie (comme outil), l’environnement (comme cadre). Oui, un autre modèle de société est possible. L’Organisation Internationale du Travail l’affirmait dans un rapport paru début juin 2012 : le développement d’un modèle basé sur le travail décent, l’inclusion sociale, le respect de l’environnement par le verdissement de l’économie est à même de créer un bilan net jusque 60 millions d’emplois.

C’est de cela dont il doit être question à Rio. Il est urgent de mettre en place un seuil de protection sociale universel à l’horizon 2030. Un modèle garantissant une Transition juste pour les travailleurs. Elle passe par le dialogue social, la formation, des investissements dans la création d’emplois verts et le verdissement de l’économie, le respect des droits de l’homme, une sécurité sociale forte.

Comme l’austérité, la Relance a un prix. Et ce prix ne peut être payé par les travailleurs qui ont déjà épongé la crise des banques et des financiers. La FGTB défend, entre autres, deux pistes de financement de la Relance : d’une part, une taxe sur les transactions financières et, d’autre part, l’orientation des fonds de pensions vers des projets de développement durable (comme c’est le cas en Hollande dans des programmes de logements sociaux passifs).

Rio enverra-t-il ce message d’espoir ? La démission de nombre de responsables politiques et les vieux réflexes de replis nationalistes semblent actuellement très présents… Au point de ne pas pouvoir lancer un message clair aux sept milliards d’habitants de cette planète ? Les jours qui viennent nous le diront.

Comme le disait John Keynes « La difficulté ne réside pas dans les idées nouvelles, mais dans notre capacité à échapper aux anciennes. » Combien de crises encore pour comprendre l’impasse dans laquelle nous ont menés ces « anciennes idées » ?

Les travailleurs ne veulent plus attendre. Un changement de cap est possible.