Survol de Bruxelles : l’encrassage de l’Atomium en dit long

Rédaction en ligne

jeudi 02 août 2012, 17:53

Par Henri Simons, directeur de l’Atomium, ancien échevin de l’Urbanisme de Bruxelles et Yvan Vandenbergh, Bruxellois survolé, membre de Bruxelles Air Libre.

Les boules de l’Atomium - recouvertes de kérosène déversé par les avions qui décollent de Zaventem ou/et par le diesel provenant des véhicules empruntant le Ring tout proche (les deux produits sont chimiquement très proches) - en disent long sur la situation des riverains dont les poumons ne sont pas en acier inoxydable ! Si l’Atomium sera nettoyé à grand frais avec des produits puissants, qu’en sera-t-il des milliers de Bruxellois exposés à cette pollution intolérable ? C’est une question de Santé publique dont le gouvernement fédéral doit se saisir d’urgence.

Ceci rouvre en parallèle un autre dossier. Le secrétaire d’Etat, M. Wathelet, a élaboré de nouvelles routes aériennes où est souligné - par communiqué - le principe de concentration des nuisances sur les “ zones les moins peuplées “ pour mettre fin à la dispersion des vols : “La volonté, c’est d’utiliser au maximum la route du canal, dit le secrétaire d’Etat. Une route qui est déjà utilisée mais qui sera encore améliorée. Et ce, afin d’avoir le plus possible des avions au-dessus de zones moins peuplées.”

D’après les estimations du ministre, ce ne seront plus 450 000 Bruxellois qui seront survolés, mais bien 50 000 à la grosse louche. Quels chiffres surprenants ! Il y a évidemment beaucoup plus de Bruxellois qui habitent le long de la zone du canal. Surtout si on considère que cette route aérienne est bien plus large que le canal et fait facilement 4 km si l’on considère la marge de manœuvre dont disposent les pilotes qui traversent la ville. Ils exposent ainsi un maximum d’habitants à la pollution et aux risques liés au survol de zones densément peuplées. Où est la mise en œuvre du principe élémentaire de précaution ?

Il y a beaucoup de Bruxellois qui habitent ces quartiers populaires de Bruxelles-centre, Molenbeek, Neder-Over-Hembeek, Haren, Anderlecht, Forest. Les habitants de ces quartiers se plaignent évidemment moins par internet que ceux des beaux quartiers. Ils sont peut-être moins connus du secrétaire d’Etat que le sud de la Région. Sa cheffe de file au gouvernement fédéral pourrait-elle lui faire découvrir ne fut-ce que les quartiers vivants des centres de Bruxelles ou de Molenbeek ? Beau débat en perspective !

Le plan commencera à être appliqué dès l’automne. Certaines procédures, plus complexes, ne viendront que plus tard, a souligné le secrétaire d’État, qui ne table sur la mise en œuvre complète du plan qu’au printemps 2013.

Il faut avant toute éventuelle application souligner que :

-il y a beaucoup plus d’habitants le long du canal (centre urbain) qu’annoncé par M. Wathelet,

-que le gouvernement bruxellois a décidé d’augmenter sensiblement le nombre d’habitants dans cette zone (zone d’extension urbaine vu l’augmentation prévue d’habitants à Bruxelles)

-que le centre historique (Grand-Place et zone Unesco) est à 2 km du canal et qu’il est invraisemblable de menacer ces zones patrimoniales largement habitées.

-que la route des gros porteurs traverse toujours quotidiennement Bruxelles de part en part

-que le projet d’équipement de la piste 07 imposera aux avions de traverser Bruxelles pour atterrir à Zaventem

-que revoir à la hausse les virages à gauche à 1.700 pieds imposera aux avions de pénétrer plus profondément dans Bruxelles avant de virer

-que le secrétaire d’Etat ne résout rien, il ne fait que déplacer les problèmes sans remettre en cause la capacité d’un aéroport urbain qui ne peut continuer à croître

Henri Simons,

Directeur de l’Atomium

Ancien échevin de l’Urbanisme de Bruxelles

Yvan Vandenbergh

Bruxellois survolé

Membre de Bruxelles Air Libre