Plan W : « Pas le bon moment pour en parler »

Rédaction en ligne

mercredi 18 janvier 2012, 12:22

La polémique « plan W », relayée notamment par Marcourt, ne s'éteint pas. Pour Pascal Delwit, la discussion aurait pu être mené plus sereinement. Un débat sera organisé cet après-midi au parlement wallon. Le politologue de l'ULB a répondu à vos questions

« Le moment pour mener ce débat est mal choisi », a estimé Pascal Delwit dans nos pages, ce mercredi. Le politologue de l'ULB a répondu à vos questions.

Débat ce mercredi au parlement de la Fédération

Le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles tiendra ce mercredi après-midi en séance plénière un débat sur la Fédération elle-même. C'est le ministre-président Rudy Demotte qui répondra aux questions, en l'absence du ministre Jean-Claude Marcourt, dont les déclarations ce week-end dans la presse ont généré de nombreuses réactions politiques.

L'absence de M. Marcourt est due à un "douloureux événement à caractère privé" survenu dans son entourage, selon le service de presse du parlement. Cette absence avait déjà entraîné la suppression du débat thématique programmé jusqu'alors sur la réforme des études de médecine.

(belga)

Est-il normal que des politiques évoquent un plan B ou W, comme Marcourt l'a fait ? « Il me semble qu'il faut respecter les convictions des responsables même si on n'est pas d'accord. Le débat peut être mené. Qu'il y ait des points de vue différents entre partis est somme toute normal. C'est le principe même de la démocratie ! La plupart des responsables socialistes qui se sont exprimés ont plutôt marqué leurs réticences sinon leur opposition aux perspectives avancées par Monsieur Marcourt. Il n'y a clairement pas un point de vue unanime du PS. »

« C'est beaucoup dire qu'il y a un « plan ». Mais une pure « déconstruction » de la Fédération Wallonie-Bruxelles poserait d'énormes difficultés dans différents secteurs à Bruxelles – recherche scientifique, éducation, santé préventive, enseignement supérieur… »

En parle-t-on ailleurs qu'au PS ? « L'interview de Javaux m'avait surpris sur ce point. Ce sera intéressant d'observer le positionnement des équipes en lice pour la co-présidence. Mais ce n'est pas qu'un débat au PS. »

« Le débat n'est pas un problème mais il faut qu'il soit articulé à l'action pour essayer d'augmenter la croissance, d'améliorer le bien être et répondre à des défis importants : le développement durable, l'apprentissage dans l'espace francophone… Je trouve que ce sont des beaux défis qui peuvent entraîner l'engagement politique dans tous les partis démocratiques. »

Pourquoi trouvez-vous le moment mal choisi ? « Parce que cela intervient après une très longue crise politique qui a interloqué et troublé les citoyens. On réintroduit de l'anxiété et du trouble tout juste après. Cela ne me paraît pas une bonne idée. Au surplus, le débat intervient sans préparation dans une optique de « mâles dominants ». Un peu cours de récréation je trouve. La question mérite un tout autre niveau à mes yeux. »

Plan B, plan W, où cela va-t-il s'arrêter ? « Dans un raisonnement, toute la question est de savoir où s'arrête le raisonnement. C'est d'ailleurs une question parfois soumise à De Wever. Le gouvernement belge ne serait pas démocratique car minoritaire dans le collège linguistique néerlandophone. Le gouvernement flamand est minoritaire dans certaines provinces. Est-il pour autant non démocratique ? »

« Je ne crois pas qu'une majorité de responsables flamands soient prêts à supprimer le fait communautaire. Kris Peeters le répète à l'envi. Jamais il n'abandonnera Bruxelles. Et fondamentalement, c'est aussi le point de vue de laN-VA, même s'il existe des nuances. »

On ne parle plus du rattachement à la France ? « Le rattachement à la France est une option en cas de scission de la Belgique. On n'en est pas là. Il est principalement soutenue à Liège, mais je crois qu'elle serait minoritaire dans tous les autres espaces wallons. »