Le 11h02 : « Ne tuons pas tout de suite le plan W »

STAGIAIRE

mardi 24 janvier 2012, 13:37

Jean-Claude Marcourt persiste et signe sur le plan W : le ministre wallon de l’Économie plaide pour accélérer le transfert de compétences aux Régions. Béatrice Delvaux a répondu à vos questions

C’est officiel. Le projet sur lequel planche le ministre de l’économie wallon porte un nom, le plan W. Jean-Claude Marcourt se précise : il y aura bien un groupe de réflexion créé dans le premier semestre de 2012. Il persiste à vouloir déconstruire la Wallonie-Bruxelles. Mais que signifie cette déconstruction ?

Marcourt souhaite que la Wallonie soit en mesure de relever les défis qui l’attendent. Ce groupe de réflexion a pour but de travailler large et sans tabou. Il s’appuiera sur l’enseignement, ce qui représente un investissement durable.

L’enseignement et l’économie : deux éléments indissociables du plan W ?

« Marcourt a énormément insisté sur l’enseignement. Une Région qui veut progresser doit obligatoirement investir dans l’enseignement. Tout le monde sait que l’enseignement est en recul. L’ex-président du PS bruxellois, Philipe Moreaux, semble enchanté par cette décision. Il tweete : on peut imaginer pour l’enseignement un rôle de la Wallonie et de la Cocof comme pouvoir organisateur en maintenant un tronc commun. Effectivement, c’est sans doute dans cette direction que nous allons. »

Pourquoi ce débat crispe autant ?

« Les gens ont peur d’avoir deux ministres de l’enseignement. Rappelons tout de même qu’il y a une matière francophone. Dès lors, que vous soyez dans un athénée à Bruxelles ou en Wallonie, les exigences sont les mêmes. Avec le classement Pisa, on sera jugé de la même façon. Le classement Pisa donne un score à chaque pays et régions sur la qualité de son enseignement. La Wallonie est très mal placée, contrairement à la Flandre. le vrai problème, ce sont les élèves qui sortent sans formation et ne parviennent pas à trouver un travail. Il y a peut-être des améliorations à faire par rapport au bassin d’emploi spécifique dans lesquels ces jeunes sont situés. »

Peut-on faire confiance à celui qui a mis la Wallonie par terre ?

« Il faut faire attention aux accusations une fois que la justice est passée. Jean-Claude Marcourt, c’est un peu le Reynders socialiste. Une grande intelligence mais un charisme électoral plus difficile, étant donné sa position entre le monde syndical et patronal. Lorsqu’on lui reproche d’aller un peu loin, il répond qu’il est allé loin sur l’emploi car c’est ainsi que l’on peut changer les comportements et les façons d’agir. Marcourt connaît la réalité du marché, n’exclut pas nécessairement les patrons et continue à défendre des objectifs sociaux. »

Gosuin : la division Bruxellois-Wallons, c’est un appauvrissement.

« La désunion est un appauvrissement. Il y a des gens qui ne sont pas tout à fait convaincus que l’avancée wallonne doit passer par la fédération Wallonie-Bruxelles ou la Communauté Française ainsi rebaptisée mais qu’elle doit d’abord partir des Régions. Comme ministre, Marcourt croit plus à une organisation régionale, Bruxelles, qui a reçu des assurances sur son existence comme région à part entière aux termes des négociations. Il peut dès lors prendre du recul. Il est plus facile d’organiser une politique à l’échelle d’une région que d’une fédération sans toutes ses compétences à part entière et après, reconstruire autrement les liens. Marcourt emprunte à Derrida le terme psychanalytique de déconstruction pour désigner une action sans tabou. Envisager un avenir wallon coupé de Bruxelles serait ridicule.»