11h02 : « Des solutions crédibles existent » pour la prison de Forest

Rédaction en ligne

mercredi 04 avril 2012, 12:03

Les placements sous mandat d’arrêt sont-ils appelés à diminuer en raison de l’état des maisons d’arrêts et de la surpopulation carcérale ? Marc Metdepenningen a répondu à vos questions

Que pouvez vous dire des prisons que vous avez visité ?

« C’est invivable car les conditions d’hygiène sont déplorables. On a des trios dans des cellules prévues pour deux détenus, certains dorment par terre. Ils ont des seaux pour leurs besoins quotidiens et ça empeste. C’est scandaleux. Bien sûr, le débat n’est pas neuf, il est même vieux de 25 ans mais aujourd’hui, il y a une véritable prise de conscience et une médiatisation de ce débat. »

Certains internautes disent qu’ils n’avaient pas à commettre des crimes et qu’ils n’en seraient pas là, peut-on vraiment dire cela ?

« C’est un vaste débat. La peine qui est infligée à ces détenus est une peine privative de liberté. C’est une valeur essentielle de l’humanité donc c’est devenu la sanction la plus grave et ça ne veut pas dire qu’il faut y ajouter en plus des mauvais traitements. »

La détention préventive a-t-elle un sens dans un tel contexte ?

Si pour les besoins de l’enquête, elle est nécessaire, alors oui.

Ira-t-il des différences entre les prisons en Flandre et en Wallonie ?

« Non, il n’y a pas de ligne de séparation linguistique dans l’état de ces prisons. Au nord comme au sud, il y a des prisons plus modernes comme des plus vieilles. »

Faut-il les rénover, en ouvrir plus ou réduire les peines ?

« Ce débat est faussé par ce problème d’hôtellerie, on ne peut pas les garder donc comment va-t-on les libérer. Cela crée un vrai débat sur le sens même de la peine. Mais c’est une question de telle importance que si elle est menée sous la pression de la contingence matérielle, ça ne peut mener qu’à de mauvaises solutions. »

« Pour ce qui est des peines plus courtes, il est important de que les conditions de mise en liberté soient plus surveillées. Tout le monde a à y gagner. Le problème est que les formations et tout ce qui concerne la réinsertion sont aux mains d’associations privées qui ont un budget limité. »

Faut-il renvoyer chez eux les étrangers qui sont en prison ?

« Au risque d’être politiquement incorrect, pour une certaine catégorie de personnes qui sont effectivement en situation illégale, cette absence d’autorisation de séjour crée une délinquance répétitive. Pour cette catégorie-là, l’État devrait avoir une autre attitude quant à l’exécution de quitter le territoire. »

Le débat est vieux, pourquoi rien n’a encore été fait ?

« C’est vrai que quand on voit que dans certaines prisons, les détenus doivent faire leurs besoins dans des seaux et qu’ils n’ont pas assez de savon, on se dit que ça ne demanderait pas beaucoup de budget pour déjà répondre à leurs besoins élémentaires. »

« Pour ce qui est des rénovations, je suis sûr qu’il existe des solutions crédibles qui peuvent être engagées rapidement.

Avec la grève, le débat est lancé de manière irréversible, la balle est maintenant dans les camps des politiques. »

Résumé par Elodie lamer (st.)