11h02 : sécurité, « la Stib n’est qu’un élément du problème »

Rédaction en ligne

mardi 10 avril 2012, 12:10

Quelque 400 policiers seront mobilisés pour renforcer la sécurité sur le réseau Stib, après la mort d’un contrôleur au cours d’une altercation. Suffisant ? Véronique Lamquin a répondu à vos questions

Y a-t-il une reprise prévue ?

« La réunion a eu lieu hier soir, les représentants syndicaux ont quitté Joëlle Milquet et Charles Picqué vers 21h et c’est aujourd’hui qu’ils vont soumettre les propositions qui leur ont été faites. On sait que la direction de la Stib a appelé dès hier soir à la reprise. Il y avait une volonté de faire grève jusqu’aux funérailles de Iliaz Tahiraj mais rien n’est encore sûr. On devrait être fixé dans la journée. Par contre, une action ponctuelle pourrait avoir lieu dans tout le Royaume le jour des funérailles. »

Qu’en est-il du service minimum imposé ?

« C’est une notion qui n’existe pas à part bien sûr dans les prisons où, quand les gardiens font grève, ils sont remplacés par des policiers. Mais en ce qui concerne les transports, cela n’a jamais fait l’objet d’un accord politique. Et ce n’est pas dans une réunion d’urgence comme celle qui a eu lieu hier qu’ils auront parlé de cela. »

On connaît désormais les mesures qui ont été prises. En ce qui concerne les 400 policiers supplémentaires, où va-t-on les trouver ?

« On va les recruter. Cela peut paraître soudain mais Joëlle Milquet et Charles Picqué travaillaient déjà à un plan parce que ce n’est pas la première fois qu’il y a des problèmes dans la Stib. Cela fait longtemps que l’on demande davantage de besoins. On parle ici de 250 agents pour renforcer les six zones de polices et mieux assurer la sécurité dans les endroits et pendants les horaires plus difficiles. 150 policiers fédéraux devraient également sécuriser les infrastructures souterraines. »

400 policiers, est-ce que cela répond à la demande ? Ne pourrait-on pas également demander l’aide de l’armée ?

« C’est difficile à chiffrer, pour le moment il n’y a que quatre policiers pour surveiller les 69 stations de métro. La demande principale de la Stib est d’avoir davantage de policiers, Le budget qui devrait être dégagé dans le conclave budgétaire s’élève à sept millions et demi. »

« Pour ce qui est des militaires, il faut vraiment éviter de multiplier les intervenants en matière de sécurité sinon on fera face à un problème de coordination. Il y a déjà trois acteurs sur le terrain ici à savoir les la police locale, la police fédérale et les agents de sécurité de la Stib. »

Est-ce révélateur d’un malaise plus grand, un malaise bruxellois ?

« Il est clair que tout le monde, les acteurs politiques, les sociologues, constatent une évolution dans la société où la violence est de plus en plus souvent une réponse. Ce n’est pourtant pas propre à Bruxelles. Mettre davantage de policiers n’est d’ailleurs qu’une partie de la réponse même si c’est sûr que pour assurer un minimum de sécurité, il faut plus d’agents. Bruxelles est une grande ville et comme toutes les grandes villes, elle a ses spécificités. C’est un espace très dense avec une surpopulation évidente, elle a de nombreux flux migratoires à gérer. Elle a longtemps été sous-financée donc il y a un problème de moyens, une structure institutionnelle difficile à gérer. Il y a un malaise qui s’installe dans les grandes villes et qui touche aussi Bruxelles. C’est toute la justice qui a besoin de plus de moyens. Il faut aussi investir dans les écoles pour ne plus avoir d’écoles ghettos, donner une chance aux jeunes, faire en sorte qu’il n’existe plus de quartiers où on n’ose pas aller. Il faut donc un effort global et une volonté collective pour retisser le lien social mais aussi miser sur la prévention. La Stib n’est qu’un élément du problème. »