Le 11h02 : « L’affaire des escortes révèle surtout un manque d’effectif »

Rédaction en ligne

mercredi 25 avril 2012, 13:52

La polémique sur les « escortes inutiles » a agité la journée de mardi. Au point d’obliger le Premier Ministre à s’expliquer. Di Rupo et le protocole, David Coppi a répondu à vos questions, ce mercredi dans le 11h02

Comment a commencé cette affaire d’escortes ?

« Elle a tout d’abord été relatée par la presse flamande, hier matin. Certains syndicats policiers protestaient contre l’utilisation excessive d’escortes, en particulier celles demandées par Elio Di Rupo lors de certains de ses déplacements. Effectivement, l’usage d’escortes est plus intensif qu’avant. Toutefois, cet usage a augmenté de manière relative. »

Pourquoi un tel changement par rapport à ses prédécesseurs ?

« Déjà, depuis qu’il est en fonction, Elio a été confronté à un certain nombre de drames et de faits divers dont celui de Sierre n’est qu’un exemple. Ce genre de situation se déroule souvent dans un climat de crispation.

Des organisations syndicales ont alors pointé du doigt les manques d’effectif et de moyens dont pâtissent les forces de police. »

Ces escortes sont-elles complètement superflues ou existe-t-il réellement un manque de personnel et de moyens ?

« Il y a un peu des deux. Sans oublier qu’une certaine colère remue le monde policier et celui de la Justice. Les gardiens de prison, notamment, subissent de plein fouet la politique d’austérité imposée par le gouvernement. La crise que nous traversons ne facilite pas les solutions. »

La crise serait donc sélective puisque le budget consacré à la protection d’Elio Di Rupo est plus élevé que celui dont bénéficiait son prédécesseur ?

« Il faut quand même rappeler qu’il n’y a pas eu d’abus et que les circonstances ont souvent justifié une telle présence autour du premier ministre.

L’ambiance qui régnait lorsqu’Elio est monté au 16, rue de la Loi, était considérablement tendue. Le pays a dû surmonter le spectre d’une division et l’on se souvient sans peine des 500 jours sans gouvernement et des nombreuses négociations auxquelles nos hommes politiques se sont livrés… D’autant plus qu’un premier ministre francophone, wallon et socialiste n’est pas pour plaire à tout le monde.

Bref, c’est donc un choix stratégique de la part d’Elio Di Rupo d’être élyséen dans sa manière de paraître en public. Il veut paraître au-dessus du lot, ne pas rentrer dans la mêlée. Depuis qu’il est entré en fonction, ses déclarations sont presque vides de contenu. C’est ainsi qu’il donne un cap à un pays déboussolé. Et c’est, de surcroît, une nécessité politique pour lui. Le reste du gouvernement étant situé fort à droite, on peut considérer ces escortes comme un gage de survie et comme une certaine technique d’autodéfense.

Toutefois, cette attitude a ses limites. On attend aussi d’un chef d’État qu’il puisse parfois prendre position. Enfin, il a quand même participé à la réforme du pays, ce qui n’est pas rien… »

Jérémie Degives (St.)